Guide carrière en droit de l'Université Laval
Témoignages

Témoignages

Vanja Aladin

Vanja Aladin

Conseillère en insolvabilité des particuliers

J’ai toujours su que je voulais me diriger vers le droit. Déjà très jeune, ma passion pour les relations humaines se faisait sentir. S’est par la suite manifesté en moi un grand désir de développer des connaissances en matière juridique et de pouvoir les mettre au service des citoyens. Ce sont là deux des principales raisons qui ont justifié mon choix de poursuivre des études en droit. Je me suis donc inscrite au baccalauréat en droit à l’Université Laval pour finalement obtenir mon diplôme en mai 2014.

Durant mon parcours à l’Université Laval, plusieurs facettes du droit m’intéressaient et il me paraissait difficile de cibler réellement ce qui me passionnait et comblerait entièrement mon désir d’aider les gens. Toujours hésitante relativement à ma spécialisation, j’ai conclu mon parcours universitaire à l’École du Barreau de Québec en mai 2015. Cette étape a été marquante puisque, pendant mes cours préparatoires du Barreau, j’ai eu l’occasion de suivre un cours sur la Loi sur la faillite et l’insolvabilité qui a piqué ma curiosité. J’ai senti un réel intérêt pour ce domaine, ce qui m’a décidée à poursuivre ma carrière dans cette branche.

Sortie des bancs d’école et toujours en réflexion quant à ma carrière, j’ai eu l’occasion de découvrir le milieu gouvernemental en effectuant en juillet 2015 un stage du Barreau au sein de la Société de l’assurance automobile du Québec en tant que réviseure et en y travaillant par la suite sur une base contractuelle jusqu’en juin 2016. Cette expérience m’a permis d’en apprendre sur moi-même, d’acquérir de l’autonomie et de développer une rigueur impeccable dans mes tâches professionnelles. Elle a également confirmé mon intérêt pour le service client et mon besoin d’accomplissement au quotidien dans mon travail. J’ai réalisé que la relation d’aide était un élément clé pour moi.

Par la suite, étant à la recherche de nouveaux défis stimulants et correspondant à mes intérêts, je m’intéresse plus spécifiquement au domaine de l’insolvabilité et je tente de comprendre comment m’intégrer à ce milieu. Mon parcours m’amènera toutefois à travailler en tant qu’avocate au sein d’un cabinet en pratique privée pour une courte période, qui s’avérera très enrichissante et formatrice. Mon passage en pratique privée a été bref, mais il m’a permis de découvrir le droit familial, de renforcer mon autonomie et d’apprendre à gérer plusieurs dossiers à la fois.

Viendra ensuite une possibilité d’emploi en tant que conseillère en insolvabilité des particuliers chez Raymond Chabot inc., syndic autorisé en insolvabilité, un poste à la hauteur de mes attentes qui répondra finalement tout à fait à mon désir de me spécialiser en insolvabilité et de permettre à mes clients de se refaire une santé financière.

J'occupe présentement ce poste depuis novembre 2016 et je suis plus que comblée par mes fonctions actuelles. Mon rôle de conseillère auprès de mes clients quant à leurs finances personnelles et mon désir de faire une différence chaque jour dans la vie des gens m'apportent une grande satisfaction sur les plans personnel et professionnel. Ce poste est rempli de défis; il me permet d'utiliser mes connaissances en insolvabilité et de les mettre en application concrètement lors de mes rencontres clients hebdomadaires et lors de mes suivis de dossiers. J'offre aux clients la possibilité de trouver une solution à des problèmes financiers parfois très difficiles à gérer, qui leur causent de l'inquiétude et du stress au quotidien.

Bien que ce poste ne nécessite pas une formation en droit, mon baccalauréat en droit et ma formation professionnelle à l'École du Barreau m'ont donné de très bonnes bases pour vulgariser la loi auprès des clients et bien la saisir moi-même. Cette formation permet d'acquérir des aptitudes qui me sont nécessaires dans le cadre de mon emploi actuel, comme l'autonomie, la rigueur, la rapidité de traitement et de synthèse de l'information, de même que la compréhension de notions complexes dans des lois plus spécifiques.

Mon parcours est assez traditionnel, mais il m'a fallu persévérer et être créative pour m'orienter dans ce milieu et finalement y prendre ma place. Certaines expériences ont été plus fructueuses que d'autres, mais elles font toutes partie de mon cheminement et je ne regrette rien. Aujourd'hui, je suis fière de pouvoir dire que je suis passionnée par mon emploi et que je me sens enfin à ma place. Il y a bien plus à découvrir si nous savons être créatifs et créer nos propres opportunités. Chaque expérience est enrichissante et je veux pouvoir transmettre ma passion et donner le courage à d'autres d'écouter cette petite voix intérieure qui leur dit de foncer et ne pas abandonner! C'est assurément la clé du succès.

Mai 2016

Frédéric Baril

Frédéric Baril

Notaire en pratique privée

Je ne visais pas initialement le notariat, mais une fois mon baccalauréat en droit terminé, je me suis demandé ce que j’allais bien faire avec mes études. La profession d’avocat ne m’intéressait pas, mais j’adorais le droit et tout particulièrement le droit corporatif. C’est en regardant le cursus du 2e cycle que j’ai remarqué qu’il y avait des cours de droit corporatif dans le programme du diplôme de 2e cycle en droit notarial (désormais maîtrise en droit notarial), auquel je me suis donc inscrit, choix que je n’ai jamais regretté depuis.

L’idée que l’on se fait du notaire gravite habituellement autour du droit immobilier, ce qui est tout naturel, mais plutôt réducteur. Dans la pratique quotidienne de plusieurs notaires, l’immobilier occupe en fait une place plutôt minime. D’autres domaines, tels que le règlement de successions, les procédures non contentieuses et le droit corporatif, prennent beaucoup plus de place, sans parler du quart des notaires qui pratique dans des milieux « non traditionnels » comme la fonction publique ou le contentieux d’entreprises.

Le notaire, c’est le juriste de l’entente par excellence. Ma pratique quotidienne me le rappelle sans cesse puisque les gens nous contactent souvent à titre préventif : testaments, mandats de protection en prévision de l’inaptitude, conventions entre actionnaires et conventions d’indivision ne sont que quelques exemples de dossiers pour lesquels les gens nous font confiance afin de prévenir des problèmes potentiels et pour lesquels l’approche non conflictuelle du notaire est grandement appréciée du public en général.

Avec le temps et les différents dossiers, on développe une expertise dans certains domaines et également une affinité particulière pour un certain type de clientèle avec qui on se sent particulièrement à l’aise et qu’on sert avec plaisir. Dans mon cas, j’aime particulièrement aider les gens qui ont des projets et qui désirent lancer une entreprise. Dans ces situations, le notaire sert de tremplin afin de les aider à traverser cette première étape qu’est la constitution d’une société mais qui est, dans l’esprit de certains entrepreneurs, une perte de temps et d’argent qui vient freiner leur élan entrepreneurial. C’est parfois le premier contact qu’ils ont avec le droit et ça peut faire peur. Il est donc important de bien les conseiller et de leur référer les bons professionnels qui les aideront à atteindre les objectifs qu’ils se sont fixés afin de réaliser leurs projets.

J’aime également aider les gens qui se retrouvent désemparés devant la perte d’un être cher, en les aidant à traverser cette épreuve qui relève parfois d’une course à obstacles. Lorsque les émotions entrent en ligne de compte, bien des gens sont démunis devant le processus de règlement d’une succession et le notaire auquel ils font confiance est tout désigné pour les aider et les guider.

Selon moi, il est préférable de suivre son cœur que de viser une profession précise, qu’elle soit celle d’avocat, de notaire ou toute autre. L’emploi que vous trouverez vous comblera d’autant que vous aimerez le domaine ainsi que les gens avec qui vous travaillerez.

Mars 2015

Marie Beaudoin

Marie Beaudoin

Juge administrative au Tribunal administratif du travail

À la fin de mes études collégiales, j’ai hésité entre des études en langues et des études en droit. J’ai opté pour un programme de traduction et j’ai complété un baccalauréat. Ma courte expérience sur le marché du travail m’a fait prendre conscience du côté solitaire d’un tel travail et je n’étais pas convaincue de vouloir y consacrer ma vie professionnelle. C’est dans ce contexte que j’ai finalement entrepris des études de droit à l’Université Laval. De ces trois années à la Faculté de droit, je garde le souvenir heureux d’un enseignement rigoureux et motivant.

J’ai ensuite tenté la pratique en cabinet privé. Cependant, j’envisageais avec difficulté la conciliation de cette pratique avec la vie de famille, qui a toujours été une de mes priorités. Pendant mes études en droit, j’ai travaillé pour une entreprise privée, Abitibi-Price (maintenant Produits forestiers Résolu), et c’est finalement au service juridique de cette entreprise que j’ai débuté ma carrière d’avocate. Au fil du temps, mon champ de pratique s’est précisé. J’ai développé un intérêt marqué pour les relations du travail, notamment la santé et la sécurité au travail, l’arbitrage des griefs et la négociation de conventions collectives.

Pendant une courte période, j’ai occupé un poste d’enquêtrice et médiatrice à la Commission des droits de la personne et de la jeunesse, avant d’être nommée commissaire à la Commission d’appel en matière de lésions professionnelles en 1991. Ce tribunal est devenu la Commission des lésions professionnelles en 1998 et le Tribunal administratif du travail en 2016.

Le Tribunal administratif du travail, un tribunal paritaire, entend les employeurs et les travailleurs qui contestent des décisions de la CSST. À titre de juge administrative, je dirige des audiences auxquelles les employeurs, les travailleurs et la CSST sont convoqués. J’entends les témoins, j’analyse la preuve documentaire et je rends une décision finale. Les qualités recherchées pour cette fonction incluent la patience, la courtoisie, l’ouverture d’esprit, l’écoute, la rigueur et le leadership (pour ramener les débats à l’essentiel). De plus, une capacité d’analyse, l’esprit de synthèse et des compétences en rédaction sont essentiels pour occuper cette fonction.

Les juges administratifs sont nommés au Tribunal administratif du travail pour des mandats de cinq ans. À l’échéance de chaque mandat, le renouvellement est précédé d’une entrevue visant à s’assurer que le juge administratif possède toujours les qualités et les compétences requises.

Juin 2013

Marie-Hélène Beaulieu

Marie-Hélène Beaulieu

Avocate au Festival d’été international de Québec

Du plus loin que je me souvienne, j’ai voulu devenir avocate. C’est donc sans hésitation que j’ai fait ma demande en droit à l’Université Laval. Même si je savais que ce programme était contingenté, il n’y avait pas d’autre option possible. La journée où j’ai reçu la confirmation de mon inscription restera à jamais gravée dans ma mémoire. Quel soulagement!

Pendant mes années de scolarité, une opportunité de travail dans un bureau de pratique privée s’offre à moi. Conjuguer travail et études n’est pas de tout repos. Néanmoins, ce travail me permet de mettre à profit plusieurs notions de théorie que j’apprends à l’université et surtout de confirmer mon choix de carrière. Tout devient ainsi plus concret. Les professeurs de la faculté sont des gens passionnés qui ont à cœur de transmettre leur savoir et une rigueur de travail et d’analyse qui me servent toujours de base dans mon travail au quotidien.

À l’été 1991, le Barreau met sur pied un projet pilote à Montréal afin d’échelonner la scolarité sur une période de trois mois au lieu d’une année scolaire normale. Environ 80 étudiants provenant de cinq universités s’y retrouvent pour vivre cette expérience. « Intense » et « enrichissant » sont les premiers qualificatifs qui me viennent en tête lorsque je pense à mon barreau. Déjà au mois d’août, je suis de retour pour faire mon stage officiel de six mois dans le cabinet d’avocats où j’avais travaillé durant mon baccalauréat.

Je pratique ensuite quelques années à Québec en cabinet privé. Je réalise que j’aime toujours le droit, mais je ne suis pas heureuse en litige. Je trouve également très difficile la recherche de clientèle. Je commence à remettre ma carrière en question. Mon mari a une opportunité d’emploi à Montréal et, malgré mon grand attachement pour Québec, je prends la décision de le suivre. Aucun emploi ne m’attend, mais une chose est certaine : je ne désire plus retourner en pratique privée. Mon vœu est exaucé et je trouve un emploi à titre de conseillère juridique dans une entreprise en technologie de l’information. On nage alors en pleine bulle technologique. Mon profil diffère des autres employés, notamment celui des programmeurs. Cette étape constitue un déclic pour moi : on peut pratiquer le droit différemment et apporter une plus-value à une entreprise. Malheureusement, l’entreprise est vendue et je dois recommencer mes recherches d’emploi.

Par l’entremise d’une firme de chasseurs de têtes, une chance incroyable s’offre à moi : travailler au siège social de Molson Inc. Ce n’est qu’un remplacement de congé de maladie, mais je saute sur l’occasion. Outre le fait d’apprendre beaucoup en droit commercial, je côtoie des gens très inspirants.

Je travaille ensuite pour Option consommateurs. Aide directe aux consommateurs, ateliers de formations, nombreuses entrevues dans les médias écrits et parlés (télévision et radio) et rédaction de rapports de recherche sur des enjeux liés au droit de la consommation font partie de mon quotidien. Je sens que je peux réellement aider beaucoup de gens. Je leur donne des outils pour faire respecter leurs droits et c’est très valorisant.

Cependant, j’ai toujours le désir de retourner travailler pour une grande entreprise et j’ai l’idée de faire un diplôme de deuxième cycle. J’hésite entre un MBA ou une maitrise en droit des affaires. J’opte pour cette dernière option car je crois que ce diplôme peut constituer un atout pour moi. Afin de compléter ma scolarité pour l’obtention de ma maitrise, je m’inscris à un cours en droit du divertissement. C’est un coup de foudre immédiat pour cette matière. Ce domaine allie deux de mes grands champs d’intérêt : le droit et le milieu culturel. C’est décidé… c’est ça que je veux faire. Mais comment percer dans ce domaine? Je participe aux activités de l’AJAVA (Association des juristes pour l’avancement de la vie artistique) afin de me faire connaître des avocats pratiquant dans ce milieu. La chance me sourit et je suis engagée à titre de conseillère juridique par la Guilde des musiciens et musiciennes du Québec. Auprès de ce syndicat professionnel qui représente les intérêts de tous les musiciens, je négocie des ententes collectives et des contrats équitables pour des artistes talentueux. Ceux-ci m’apprennent en outre beaucoup sur leur art et sur les sacrifices de leur métier.

Toutefois, mon désir de revenir vivre un jour dans ma ville natale ne s’est jamais assouvi après toutes ces années passées à Montréal. Je veux continuer à pratiquer en droit du divertissement, mais les ouvertures sont peu nombreuses. J’ai un rêve : travailler pour le Festival d’été de Québec. Mais voilà, le Festival n’engage pas d’avocat à l’interne. Je fais tout de même parvenir mon curriculum vitæ et plusieurs mois plus tard, soit à Noël 2009, je reçois l’appel tant attendu du directeur général de l’organisation. Depuis, j’ai la chance inouïe de collaborer à un évènement d’envergure internationale qui ne cesse de prendre de l’expansion d’année en année. Je travaille avec une équipe multidisciplinaire (communication, marketing, programmation et production). C’est très stimulant. Étant la seule avocate, je me dois d’être polyvalente et d’avoir une bonne base en droit civil. Je rédige la majorité des ententes contractuelles, je veille aux questions de propriété intellectuelle, aux questions d’assurance et, bien sûr, à tous les aspects légaux de l’évènement. Je dois être capable de bien travailler sous pression, de faire face aux imprévus et de trouver des solutions rapidement. Car vous connaissez l’adage… Peu importe ce qui arrive, « the show must go on ». Voir des milliers de festivaliers heureux qui, l’instant d’une soirée, oublient leur quotidien, chantent, dansent et vivent des moments inoubliables me fait vibrer au plus haut point.

Aujourd’hui, je réalise que, peu importe où le droit nous mène, l’important est de réaliser nos rêves et de ne jamais perdre de vue les raisons qui nous ont fait choisir cette profession si extraordinaire.

Janvier 2015

Cainnech Lussiaà-Berdou

Cainnech Lussiaà-Berdou

Procureur de la Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction

Après avoir obtenu mon baccalauréat en droit à l’Université Laval (1997) et avoir suivi la formation du Barreau, j’ai joint un bureau qui, à l’époque du moins, était plutôt de petite taille, Brisset des Nos, Gravel (aujourd’hui Gravel Bernier Vaillancourt). J’y ai fait mon stage sous la supervision de Me Marc-André Gravel, essentiellement en litige et en droit commercial.  Cependant, la taille réduite du cabinet m’a permis de toucher un peu à tout et ainsi apprendre énormément, peut-être plus rapidement que je n’aurais pu dans un grand bureau.

J’avais eu, à l’École du Barreau, un premier contact avec le droit international. À l’époque, peu de cours étaient offerts dans ce domaine au baccalauréat et c’est plutôt par ma participation à deux concours de droit international, le Concours Jean-Pictet et le Concours interaméricain des droits de l’Homme organisé par l’American University de Washington, que j’ai eu l’occasion de découvrir ce champ d’exercice. D’ailleurs, Me Gravel était lui aussi ancien « pictéiste » et cet intérêt commun a joué un rôle dans mon recrutement au sein de son cabinet.

Le 11 septembre 2001 et les conflits qui en ont découlé ont eu deux influences marquantes : elles ont anéanti certaines des perspectives de développement d’affaires du cabinet vers le Moyen-Orient et elles ont renouvelé mon intérêt à déplacer ma pratique vers ce champ. Mon idée était cependant plutôt de m’orienter vers le droit international des affaires ou le commerce international.

C’est alors que, par hasard, au début du mois de décembre 2001, j’ai rencontré Me Raphaël Constant, avocat martiniquais assurant la défense du colonel Théoneste Bagosora, alors poursuivi pour crimes de guerre, crimes contre l’Humanité et génocide devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda. Il était au Québec, à l’aube du procès de son client, pour un conseil adjoint et un assistant juridique.

Le hasard a bien fait les choses. Me Constant a retenu mes services comme assistant juridique et j’ai pris, trois mois plus tard, l’avion pour Arusha, Tanzanie. Quatre jours après mon arrivée, j’écoutais, en tête-à-tête au centre de détention, M. Bagosora m’exposer sa vision des événements dramatiques qui avaient secoué le Rwanda. C’est un moment qui restera ancré dans ma mémoire.

Au bout d’une année d’allers-retours entre le cabinet et le procès à Arusha, alors incapable de jumeler pratique domestique et internationale, j’ai dû quitter, bien à regret, Gravel Bernier Vaillancourt, alors en plein essor. Durant les huit années suivantes, j’ai continué à maintenir une pratique domestique indépendante, acceptant quelques dossiers, mais apportant surtout une assistance ponctuelle à certains avocats dans divers dossiers, surtout devant la Cour d’appel.

Le procès du Colonel Bagosora s’est terminé en juin 2007 et j’ai alors, après avoir brièvement assisté Me Michelyne Saint-Laurent, avocate de l’ancien ministre rwandais de la santé Casimir Bizimungu, assuré la défense devant le TPIR de l’ancien directeur des affaires juridiques du ministère rwandais de la Défense, le Colonel Setako, en compagnie de Me Lennox S. Hinds, un avocat new-yorkais.

Pour un jeune avocat, travailler sur de telles affaires était une occasion inespérée.  Le travail était varié, conjuguant enquêtes à divers endroits du monde et travail de cour, le tout en collaboration avec des juristes provenant de traditions juridiques variées. J’y ai donc développé une expertise particulière en justice postconflit devant les tribunaux ad hoc, mais par ailleurs très vaste.

À la fin de cette affaire, en novembre 2009, j’ai donc « rempilé » et joint mes forces à celles de Me John Philpot, afin d’assurer la défense du capitaine Ildéphonse Nizeyimana, dont le procès en première instance s’est achevé en décembre 2011.

La vie nomade menée alors rendant difficile d’établir une famille, j’ai rapatrié ma pratique à Montréal vers la fin de l’année 2010 et me suis joint à Me Guillaume Endo pour développer un cabinet, Endo et associés. En parallèle, j’ai développé, avec Me Philippe Larochelle pour le programme de maîtrise en droit international à l’Université Laval, un cours de preuve et procédure en droit international pénal qui a depuis été repris par Me Stéphane Bourgon et Me Alexandra Marcil.

À la fin de l’année 2012, j’ai vu mes services retenus par l’honorable France Charbonneau à titre de procureur de la Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction et j’y œuvre depuis. Le rôle des procureurs consiste principalement à présenter aux commissaires, que nous assistons, la preuve récoltée pertinente au mandat. Il s’agit d’une expérience de travail que je crois primordiale pour notre société et je me considère choyé de pouvoir y participer.

Je demeure par ailleurs impliqué, dans la mesure où mes activités professionnelles m’en laissent le temps, dans l’organisation du Concours de droit international humanitaire Jean-Pictet, surtout à titre de « cuisinier », c’est-à-dire que je participe à la rédaction des cas pratiques sur lesquels se penchent les étudiants. Mon collègue Philippe Larochelle et moi avons d’ailleurs tenté d’insuffler un peu de ces idées dans le cadre pédagogique du cours que nous avons monté.

Janvier 2014

Cornelia Boje

Cornelia Boje

Avocate à la Commission administrative des régimes de retraite et d’assurances (CARRA)

Être juriste, c’est le plus beau métier du monde! C’est très subjectif comme avis, je l’admets, mais cette profonde conviction m’a permis de suivre mon chemin professionnel d’une manière passionnée. J’enseignais le droit en Moldavie lorsque j’ai obtenu, en 2003, une bourse de l’Agence universitaire de la francophonie pour faire des études de deuxième cycle à la Faculté de droit de l’Université Laval. En plus de la barrière de la langue, je me suis rendue vite compte que le système d’enseignement est très différent de celui que j’ai connu et que je devais m’adapter et persévérer si je voulais réussir. À la fin du programme de mobilité internationale, soit à l’automne 2004, j’entreprenais des études de premier cycle. Diplômée en droit en 2006, je devais choisir entre devenir notaire ou avocate. Je n’avais pas d’expérience professionnelle au Québec et je me questionnais beaucoup sur ce qui était le mieux pour moi. Mon choix s’est arrêté sur le notariat à ce moment.

Les concours de recrutement universitaire m’ont permis d’accéder à la fonction publique québécoise, tout d’abord par un emploi d’été au ministère de la Justice du Québec en 2005 et à la Cour supérieure du Québec en 2006. En 2008, je faisais mon stage en notariat dans la fonction publique également. Il était clair dans mon esprit que je souhaitais faire carrière au gouvernement. Être au service de l’intérêt public me semblait intéressant et stimulant. Toutefois, j’avais déjà des doutes quant à mon désir de continuer dans la voie du notariat, cela me rejoignant de moins en moins. En 2010, j’ai donc décidé d’aller au Barreau. Aujourd’hui avocate dans la fonction publique, je suis très heureuse de mon choix. Le droit a été et continue d'être ma passion. La fonction publique m’a permis de comprendre à quel point la profession de juriste peut être diversifiée et que plaider n’est pas une condition intrinsèque du métier d’avocat. Maintenant je me dis que j’aurais dû foncer sans hésiter, faire ce choix dès le début.

Dans l’exercice de mes fonctions, je touche à plusieurs domaines du droit, dont le droit familial et des successions, le droit administratif, le droit social et plusieurs autres domaines. Il s’agit d’une pratique variée avec un large éventail de fonctions comme la recherche et la rédaction, l’émission des opinions juridiques et la participation à des dossiers de litige. J’aime mon emploi et les défis qu’il me permet de relever, mais j’aime aussi m’impliquer que ce soit dans la communauté juridique ou auprès des étudiants. À compter de cette année, je suis secrétaire du comité organisateur de la XXIe Conférence des juristes de l’État. De plus, mon désir de continuer à travailler auprès des étudiants m’a amenée à participer en tant que mentor au programme de mentorat du Service de placement de l’Université Laval pour les étudiants de la Faculté de droit. J’ai beaucoup de plaisir à accompagner les étudiants dans leurs réflexions de carrière, car lorsqu’on se sent compris et bien accompagné, on a l’impression de bien avancer.

Ayez confiance en vous! Ne vous dites pas que vous êtes trop timide pour réussir dans un domaine qui vous plaît! Regardez vers l’avenir! N’hésitez pas à avoir de l’ambition et à rêver grand! Je n’ai pas fini de rêver!

Avril 2014

Jean Bouchard

Jean Bouchard

Juge à la Cour d’appel

J’ai aimé le droit en troisième année, car c’est à partir de ce moment que j’ai commencé à faire des liens entre ses différents domaines et que mon raisonnement juridique a pris forme. Nous étions un certain nombre d’étudiants qui avaient pris l’habitude de préparer nos cours et nos examens à la bibliothèque. Je me souviens de nos discussions animées. Nous testions nos connaissances. Avec le recul, je peux affirmer qu’il n’y a pas de meilleure façon d’étudier, de mettre à l’épreuve son jugement et de développer des amitiés durables.

Admis au Barreau en 1978, à l’âge (trop jeune) de 22 ans, j’ai tout d’abord fait mon stage à l’intérieur d’un cabinet de Québec où je me suis initié aux rudiments de la profession d’avocat. J’ai ensuite poursuivi mon cheminement professionnel à l’intérieur d’un autre cabinet, plus important, jusqu’en 1981. Là, quelle ne fut pas ma déception de constater, après trois années en pratique privée, que je n’étais pas heureux. J’ai donc décidé de prendre un moment d’arrêt, sorte de fuite en avant, et de retourner à l’université pour débuter une maîtrise en droit.

Nous sommes alors en plein psychodrame national. Le gouvernement fédéral vient de rapatrier unilatéralement la Constitution et le Québec soutient qu’il possède un droit de veto pour s’y opposer. Le professeur Henri Brun, pour qui je travaillais alors comme auxiliaire de recherche, me demande si j’ai un peu de temps à donner au ministère québécois de la Justice pour documenter la position que ce dernier s’apprête à plaider devant la Cour d’appel à l’occasion du renvoi portant sur cette question. Bref, pour faire d’une histoire longue une histoire courte, j’ai évidemment accepté et, de fil en aiguille, j’ai finalement intégré la Direction du droit constitutionnel du ministère de la Justice en septembre 1982 où j’ai pratiqué comme avocat jusqu’en 2000, année de ma nomination comme juge à la Cour supérieure.

Je n’insisterai jamais assez pour dire comment ces 19 années passées au ministère de la Justice furent riches pour moi à tous les points de vue. Comme avocat plaideur, j’ai représenté le gouvernement du Québec dans de nombreux dossiers de nature constitutionnelle, le plus souvent devant la Cour suprême du Canada. J’ai également rédigé nombre d’opinions juridiques en plus de participer à la conception et à la rédaction de projets de loi en donnant mon avis sur leur constitutionnalité. En juin 1991, dans la foulée de la crise d’Oka, j’ai mis sur pied au ministère de la Justice une direction d’affaires juridiques spécialisée dans le domaine du droit autochtone que j’ai dirigée pendant trois ans. Puis, tout en travaillant à temps plein, j’ai enseigné le droit constitutionnel à l’Université Laval de 1986 à 1988 et complété ma maîtrise en 1989. Enfin, j’ai là aussi tissé des liens étroits et significatifs avec mes collègues de travail grâce à qui je n’ai cessé de m’améliorer.

L’an 2000, tel que mentionné, marque un changement drastique dans ma carrière. Certes, il est stimulant sur le plan intellectuel de traiter de grandes questions, mais vient un temps où il faut bouger, sortir de ses ornières, sinon la routine, même dans ce domaine, peut finir par venir à bout de la motivation des plus vaillants. Reste que le passage d’avocat à juge dans mon cas a été tout un défi. Habitué à traiter de questions juridiques abstraites, je me suis retrouvé du jour au lendemain à devoir trancher des litiges privés en matières familiale, contractuelle et autres. Bref, d’avocat spécialisé que j’étais, je suis redevenu un généraliste du droit, un peu comme lors de mon admission au Barreau 22 années plus tôt. Inutile d’insister sur le fait que j’ai dû mettre mon orgueil de côté et prendre les bouchées doubles pour que le justiciable n’ait pas à pâtir de mon inexpérience. J’étais toutefois tellement enthousiaste de relever ce nouveau défi, que je garde uniquement de bons souvenirs de cette période. Défendre les intérêts d’une partie est un geste noble et gratifiant. Apporter la solution à un litige l’est tout autant, sinon plus. C’est là la beauté du métier de juge. Certes, il y a une partie qui sort perdante, mais c’est de cette façon que je comprends ma mission : l’amener à accepter qu’elle avait tort et que justice a été rendue. C’est d’ailleurs toujours pour la partie qui perd que j’écris.

J’ai éprouvé beaucoup de fierté à faire partie de la Cour supérieure. Je suis profondément convaincu, et cela dit avec beaucoup d’humilité, que je suis devenu une meilleure personne pendant toutes ces années où j’ai pu observer le genre humain se révéler sous toutes ses formes. Nul doute que mon sens de la justice et de l’équité s’en trouve aujourd’hui enrichi. Il est inconcevable pour moi que le droit puisse mener à un résultat injuste. Juge nouvellement nommé à la Cour supérieure, mes collègues m’ont très tôt enseigné à refaire mes devoirs si tel devait être le cas, un conseil que je me suis toujours efforcé de mettre en pratique et que je continue à appliquer même en tant que juge de la Cour d’appel. J’ai également toujours pensé que, comme juge, il fallait écrire de manière à être compris. Je déplore à cet égard le langage édulcoré qui a cours depuis quelques années dans certains milieux. Ainsi, dans les hôpitaux, on ne parle plus de malades, mais de bénéficiaires. Dans la rue, il n’y a plus de pauvres, mais des prestataires. Faut-il se surprendre dès lors de l’effritement de la solidarité qui soudait jadis les différentes couches de notre société. Malheureusement, je constate que les gens ont de moins en moins de compassion les uns envers les autres. Je n’ai pas la prétention d’être un redresseur de torts. Je crois cependant fermement que pour rendre justice, il faut être animé du souci de préserver les valeurs humanistes qui fondent notre société et l’exprimer clairement.

De manière prosaïque, je dirai ceci en terminant. J’ai eu beaucoup de chance, je n’ai jamais compté mes heures et j’ai côtoyé des personnes qui m’ont énormément apporté sur le plan humain et professionnel.

Mars 2015

Lucien Bouchard

Lucien Bouchard

Avocat, premier ministre du Québec de 1996 à 2001

À l’instar de la plus grande partie de la cohorte d’étudiants qui sont entrés en septembre 1960 à la Faculté de droit de Laval, j’étais issu d’un des collèges classiques dont le programme, centré sur les humanités, se concluait après huit ans par l’émission, sous l’égide de l’Université, d’un baccalauréat ès arts. Nous avions alors vingt ans, à ce moment où allaient commencer la révolution tranquille et la construction du Québec moderne.

Notre classe avait ceci de particulier qu’elle regroupait près d’une dizaine de confrères anglophones, essentiellement venus de Montréal dans la capitale pour s’immerger dans la communauté francophone. Il n’y a donc pas à s’étonner de l’intensité de notre vie étudiante et des débats suscités par la diversité de nos opinions. Nous étions interpellés par les enjeux collectifs autour desquels la société québécoise était en train de se mobiliser. C’est ainsi que mes camarades et moi étions actifs au sein de partis politiques, de clubs de discussions, nous signalant par notre omniprésence au sein des organismes étudiants. J’ai été rédacteur en chef du journal Le Carabin, de l’Université Laval, puis des Cahiers de droit et membre du comité de cogestion de l’Université formé à la suite de nos revendications de participation étudiante aux décisions universitaires. Je crois bien même que sur les cinq récipiendaires de l’Ordre du Mérite étudiant décerné en 1963 à l’ensemble des finissants de toutes les facultés, pas moins de quatre étaient de notre classe.

On comprend donc qu’au sortir de nos études, nous ayons été soumis à la tentation politique. Plusieurs y succombèrent. Il suffit de consulter les annales politiques pour les identifier. Quant à moi, j’ai résisté longtemps, puisque j’ai d’abord exercé ma profession pendant vingt-deux ans. Je suis fier d’appartenir à ce groupe qui a fait bénéficier le Québec d’un remarquable apport professionnel et citoyen de ses membres. Un grand nombre de mes confrères se sont, en effet, illustrés dans l’exercice de la profession, de même que dans des fonctions judiciaires et universitaires, en plus de s’activer dans l’engagement communautaire et public.

En ce qui me concerne, ces années de pratique se sont avérées, sans trop que je m’en rende compte, une préparation pertinente à mon accession éventuelle à des fonctions publiques. Du droit des affaires au droit du travail, de la plaidoirie à l’arbitrage et à la négociation, de l’engagement communautaire au militantisme politique, j’ai acquis une expérience qui m’a ouvert plusieurs portes du secteur professionnel aussi bien que du côté de l’apprentissage social et humain. La diversification de ces expériences s’est accrue par l’exercice de mandats aussi bien publics que privés. En plus de me trouver initié à la dynamique des relations d’affaires, j’ai eu la chance d’élargir considérablement mes perspectives socio-économiques par mon implication dans des négociations patronales-syndicales, notamment comme porte-parole du gouvernement dans deux rondes de pourparlers avec le front commun des centrales du Québec. Je ne saurais enfin passer sous silence mon incursion dans la vie diplomatique. Ces trois années que j’ai passées à l’Ambassade du Canada en France ont été pour moi l’occasion d’élargir mes connaissances internationales, qu’il s’agisse du fonctionnement des sociétés comme des rapports entre États.

Même s’il s’est effectué plutôt tardivement, mon passage à la politique active répondait à une double inclination, naturelle et professionnelle. Ma fréquentation de l’histoire et la passion que j’ai éprouvée dès mon adolescence pour la chose publique me prédestinaient à solliciter un jour ou l’autre une charge élective. Par ailleurs, l’engagement au sein des institutions publiques, surtout législatives et exécutives, s’inscrit facilement dans le prolongement de la formation juridique. Il n’y a pas de doute dans mon esprit que l’étude et la compréhension du fonctionnement des assemblées et des gouvernements de même que des structures de nos institutions publiques préparent on ne peut mieux à la prise en charge de responsabilités politiques. En ce sens, le droit sert bien la politique puisqu’il favorise au premier chef la connaissance, la rigueur et la clarté de vue exigées des détenteurs de fonctions électives. Les juristes se trouvent ainsi plus aptes que bien d’autres à répondre aux interrogations collectives et à réaliser les aspirations de leurs concitoyens et concitoyennes.

On le sait, la jeune génération est plus que jamais sollicitée pour prendre le relais d’une classe politique souvent contestée. Il serait vraiment dommage qu’il ne se trouve pas un contingent important d’étudiants en droit qui, avec le vécu et le mûrissement requis, décident à leur tour de relever le défi de l’avenir du Québec.

Août 2013

Normand Boucher

Normand Boucher

Cadre juridique au sein d'un organisme gouvernemental

Je suis originaire de la municipalité de St-Athanase, petit village de 350 habitants, situé dans la région du Bas-du-Fleuve qui, pour assurer sa survie, a toujours compté sur la résilience de ses habitants. À l'école paroissiale, nos professeurs nous répétaient qu'il était de notre devoir de faire fructifier nos « talents » et de tendre vers le dépassement de soi. J'avais une facilité dans l'apprentissage des matières scolaires et je comprenais, à tort ou à raison, que ce message m'était notamment adressé. De plus, malgré mon jeune âge, je me faisais déjà mon cinéma et je me voyais, tout comme Perry Mason, avocat d'une célèbre télésérie américaine des années 1960, devenir le défenseur de la veuve et de l'orphelin.

La vie n'est pas un long fleuve tranquille

Or, comme la vie n'est pas un long fleuve tranquille, je n'ai pas embrassé la carrière d'avocat immédiatement. Après des études collégiales en sciences de l'administration, j'ai complété un premier baccalauréat avec majeure en communication publique à la Faculté des arts de l'Université Laval. Formation théorique, mais enrichissante, qui a contribué à mon ouverture sur le monde et au développement de mon esprit critique.  

Malheureusement, le début des années 1980 n'était pas propice à l'embauche de finissants en communication, puisqu'une crise économique se profilait à l'horizon. Dans ce contexte, je refusais d'être un autre de ces bacheliers sans travail et, bien que l'engagement était lourd de conséquences sur le plan financier, je me suis inscrit à la Faculté de droit de l'Université Laval pour maximiser mon employabilité. La plupart de nos professeurs, enseignants de carrière ou praticiens, insistaient sur la nécessité d'être persévérant dans ce monde compétitif et réitéraient l'importance de demeurer ouvert aux nouveaux champs de pratique du droit. Cependant, tout au long de mon cheminement universitaire, je me questionnais sur mes habiletés à devenir avocat. Avais-je la hargne suffisante pour œuvrer dans le milieu? Serais-je assez éloquent pour représenter mes clients devant les tribunaux? Après réflexion, j'ai choisi la pratique du droit notarial et je suis devenu membre de la Chambre des notaires en 1984. Je savais que mes habiletés naturelles me prédisposaient à la médiation et au rapprochement des parties et, pour ces raisons, mon choix m'apparaissait cohérent.

En 1984, la profession notariale subissait les contrecoups de la flambée des taux d'intérêt et de son incidence sur le marché immobilier; les emplois dans les études de notaire étaient rares et les couteaux volaient bas au sein de la profession, pour réduire les honoraires et attirer ainsi de nouveaux clients. Je n'avais pas de préférence pour la pratique privée conventionnelle et ce fut l'administration gouvernementale québécoise qui me donna ma première chance.

Œuvrer pour le gouvernement, donc au service de la population, a été une véritable découverte pour moi. Les missions des divers ministères et organismes sont multiples et le type de droit qu'on peut y exercer n'a pas de limite (attaché politique, agent de recherche en droit, avocat plaideur, médiateur, légiste ou conseiller juridique).

De 1984 à 1996, j'ai travaillé pour le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation en faisant valoir mon expertise en droit notarial. Ce ministère, qui a participé de près au développement des régions du Québec, était alors propriétaire d'actifs immobiliers dont il voulait se départir au bénéfice du secteur privé. Ma tâche consistait en outre à donner l'accompagnement juridique requis pour que les transactions immobilières soient réalisées conformément aux règles gouvernementales applicables.

Apprendre à saisir les occasions

Après un bref épisode à titre de conseiller juridique dans un organisme sans but lucratif intervenant dans le secteur de la promotion des courses de chevaux (la Société de promotion de l’industrie des courses de chevaux inc.), j'ai été réintégré dans le giron gouvernemental en 1997. Le défi était colossal et je devais accepter cette fois-ci de m'éloigner de ma pratique conventionnelle pour agir à titre de Commissaire aux plaintes en matière de protection des activités agricoles. Cette fonction, directement rattachée au ministre des Relations avec les citoyens et de l'Immigration, consistait à intervenir comme médiateur à la demande d'un producteur agricole qui estimait que l'exercice d'une de ses activités agricoles était rendu irréalisable par l'application d'un règlement municipal abusif.

L'expérience fut concluante de telle sorte que je fus par la suite appelé à intervenir comme conciliateur à la Commission des lésions professionnelles dans le but de favoriser la résolution de différends dans le domaine de la santé et de la sécurité au travail. C'est d'ailleurs en assistant aux audiences tenues par ce tribunal administratif et en côtoyant les avocats, agissant comme représentants des employeurs ou des travailleurs, que je me suis rappelé mon désir d'être avocat.

Sans hésiter et tout en sachant que je devrais prendre les bouchées doubles puisque je devais travailler et étudier en même temps, je me suis inscrit à l'École du Barreau et je suis devenu avocat en 2001, soit près de 17 ans après mon admission à la Chambre des notaires. D'autres défis m'attendaient. Entre 2001 et 2011, j'ai agi comme avocat dans les directions d'affaires juridiques de cinq ministères ou organismes différents (Société d'habitation du Québec, Commission de l'équité salariale, ministère des Ressources naturelles et de la Faune, ministère du Revenu et ministère des Finances). Dans le cadre de cette pratique, j’ai été responsable de la rédaction de projets de lois et de règlements. J’ai également assumé le rôle de conseiller juridique auprès des organismes et ministères concernés. En matière de représentation devant les tribunaux, je me suis vu confier la responsabilité de mettre en place un processus de traitement des plaintes pénales pour la Commission de l'équité salariale. J'ai également assumé la coordination des litiges civils et pénaux autochtones, déposés à l’encontre du Procureur général du Québec. Enfin, j'ai été désigné coordonnateur juridique d'une équipe d'enquêteurs dans le cadre des enquêtes administratives prévues à la loi québécoise sur l’équité salariale.

Par ailleurs, en parallèle à mon travail, j'ai développé un intérêt pour les relations du travail et la gestion des ressources humaines et j'ai débuté une maîtrise en relations industrielles, à la Faculté des sciences sociales de l'Université Laval, que j'ai complétée en 2007. Sans le savoir, cette formation m'ouvrirait les portes sur l'exercice du plus beau métier du monde : la gestion d'une équipe d'avocats et de notaires.

Le plus beau métier du monde

En janvier 2012, mon employeur actuel a décelé en moi un potentiel pour être un « meneur d'hommes et de femmes » et j'ai été nommé cadre juridique à la Direction des affaires juridiques de Revenu Québec. À titre de directeur, j'ai exercé les fonctions de supervision d’une équipe constituée d'avocats et de notaires dont la pratique était circonscrite par les lois autres que fiscales sous l'autorité du ministre du Revenu. Puis, en octobre 2015, l'organisation a de nouveau cru en moi en me désignant cette fois-ci directeur principal de la nouvelle Direction principale des affaires juridiques et de l'accès à l'information. Depuis cette date, je chapeaute deux directions qui jouent un rôle significatif dans les activités de Revenu Québec : la première, correspondant à mon ancienne équipe, regroupe une vingtaine d'avocats et de notaires, et l'autre constituée de professionnels intervenant en accès à l'information et en protection des renseignements confidentiels. Les domaines de droit couverts sont, entre autres, la perception des pensions alimentaires, la publicité légale des entreprises, l'administration provisoire des biens non réclamés et l'accès à l'information.

Ces nominations successives constituent, selon moi, des marques de reconnaissance de mon employeur pour la persévérance manifestée au cours de toutes ces années et, surtout, pour les habiletés développées dans le cadre des formations suivies et de mes expériences sur le terrain. Pour moi, être cadre juridique est le plus beau métier du monde puisqu'il me permet de concilier mes aptitudes naturelles en gestion, tout en faisant appel à mes connaissances en droit et en relations du travail.

A priori, je n'aurais pas cru qu'une formation en droit puisse me permettre d'expérimenter des champs aussi diversifiés que ceux dans lesquels j'ai été appelé à œuvrer au cours des 30 dernières années. Aujourd'hui, je fais miens les conseils dispensés par certains professeurs universitaires qui nous rappelaient qu'une formation en droit représente des acquis solides susceptibles de nous faire prendre conscience de nos habiletés professionnelles et nous amener à exploiter pleinement notre potentiel. Je ne serai jamais le Perry Mason idéalisé de mon enfance, mais je sais aujourd'hui qu'il y a mille et une façons de faire du droit et qu'il est essentiel, pour atteindre nos objectifs, de rester vigilants aux occasions qui s'offrent à nous.

Décembre 2016

Anne-Marie Burns

Anne-Marie Burns

Juriste à la Chambre préliminaire des Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens

Après avoir terminé un baccalauréat en droit à l’Université Laval en mai 1999 et complété le Barreau du Québec, j’ai débuté ma carrière comme avocate en droit du travail et litige civil et commercial en cabinet privé, où j’ai travaillé pendant cinq ans. J’ai ensuite entrepris une maîtrise en droit international et humanitaire à l’Université Laval, laquelle m’a permis d’amorcer une carrière en droit pénal international à l’étranger. J’ai d’abord eu la chance de décrocher un poste de juriste adjointe à la Chambre préliminaire des Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens (CETC), à Phnom Penh, que j’ai occupé pendant deux ans. Je me suis ensuite dirigée vers La Haye, aux Pays-Bas, où j’ai travaillé comme conseillère juridique pour le Bureau de la Défense du Tribunal spécial pour le Liban, pendant un an.

Le Tribunal spécial pour le Liban est un tribunal international créé par les Nations Unies, composé essentiellement de juges et personnel international, chargés de juger les responsables de l’assassinat en 2005 de Rafic Hariri, ancien premier ministre du Liban, et d’autres crimes rattachés. Mon travail pour ce tribunal consistait à assister le Chef du Bureau de la Défense dans son mandat d’assurer la protection des droits des suspects et accusés à un procès équitable, de même qu’à fournir des conseils aux avocats représentant des suspects. Mes tâches incluaient la recherche juridique sur des questions de droit international et national, la rédaction de mémorandums, d’avis juridiques et de conclusions présentées par le Bureau de la Défense devant les instances judiciaires du Tribunal. J’ai également collaboré à la préparation et au déroulement de formations juridiques et de séminaires destinés aux avocats de la défense libanais et internationaux ainsi qu’à la conclusion d’accords avec le gouvernement libanais.

Depuis novembre 2010, je suis de retour à la Chambre préliminaire des CETC à Phnom Penh, où j’occupe maintenant un poste de juriste. Les CETC sont un tribunal cambodgien à caractère international. Assisté d’une mission des Nations Unies, ce tribunal est chargé de poursuivre les dirigeants du régime des Khmers rouges pour les atrocités commises contre la population cambodgienne pendant que ce régime fut au pouvoir entre 1975 et 1979.

À titre de juriste embauchée par les Nations Unies, j’assiste les juges de la Chambre préliminaire, principalement les juges internationaux, dans l’élaboration de leurs décisions. Essentiellement, mon travail consiste à examiner les appels logés devant la Chambre, effectuer des recherches juridiques, préparer des mémorandums, assister aux délibérations et rédiger des projets de décisions.

Pour occuper un emploi de juriste adjoint (poste d’entrée dans le système des Nations Unies), il est normalement requis d’avoir, au minimum, un diplôme universitaire en droit de deuxième cycle avec spécialisation en droit pénal, droit public international ou droit pénal international, ainsi qu’au moins deux années d’expérience. S’agissant de postes offerts par les Nations Unies ou des organismes qui y sont rattachés, les qualités et les compétences recherchées sont généralement le professionnalisme, la capacité à communiquer facilement, l’esprit d’équipe, la créativité, le raisonnement et une bonne capacité à prendre des décisions. Le processus de recrutement débute normalement par un test écrit visant à vérifier les connaissances juridiques, suivi d’un entretien téléphonique (à cause des contraintes géographiques). Cette entrevue comporte typiquement des questions juridiques et des mises en situation pour évaluer les capacités du candidat par rapport aux compétences requises pour le poste, à l’aide d’exemples concrets. Les mises en situation portent, par exemple, sur la capacité à travailler en équipe ou à établir des priorités.

Le travail à l’étranger comporte bien sûr son lot d’avantages, mais représente par ailleurs certains défis. Je suis accompagnée dans cette aventure par mon conjoint et mes deux enfants, dont l’un est né à l’étranger (à Bangkok, en Thaïlande). Nous trouvons tous beaucoup de plaisir à découvrir de nouveaux environnements, rencontrer de nouveaux amis et vivre de nouvelles expériences qui nous apportent énormément sur le plan personnel. Nos enfants sont en contact avec des enfants qui viennent des quatre coins du monde et s’enrichissent chaque jour de nouvelles expériences culturelles. Par contre, la distance avec la famille n’est pas toujours facile à gérer. Au Cambodge, nous avons la chance d’avoir de l’aide pour s’occuper des enfants, ce qui facilite la vie sur le plan pratique. En contrepartie, il y a deux grands défis à mes yeux. D’abord, vivre dans un endroit où la sécurité est précaire et les soins de santé limités. Ensuite, trouver un équilibre où, lorsque l’on est en couple, tous les deux sont en mesure d’occuper un emploi qui leur plaît, s’ils le désirent.

Août 2012

Nancy Chamberland

Nancy Chamberland

Notaire, ombudsman à l’Université Laval de 2010 à 2015

Ayant eu un parcours professionnel atypique, ma formation de deuxième cycle en droit notarial aura été à tout moment un atout de taille. Cette formation procure un avantage professionnel et humain très concurrentiel, difficilement quantifiable, mais réellement tangible en termes de souplesse, de facilité d’adaptation à diverses situations professionnelles et personnelles.

Après avoir terminé un baccalauréat en droit à l’Université Laval en 1979, j’y ai complété ma formation par un diplôme en droit notarial préalable à la délivrance d’un permis d’exercice par l’ordre professionnel, sous réserve de la réussite des examens finaux prescrits alors par la Chambre des notaires du Québec. Le diplôme d’études supérieures en droit notarial m’a permis d’approfondir des connaissances propres à l’exercice de la profession notariale, notamment en rédaction de procédures non contentieuses, d’actes relevant exclusivement du notaire comme les testaments authentiques et les actes d’hypothèques. À l’époque, il n’y avait pas de stage préalable à l’exercice de la profession du notariat. Nous avions notre baptême de feu aussitôt inscrits… Le mien s’est passé en pleine récession économique alors que le Québec vivait une flambée des taux d’intérêt sans précédent atteignant des plafonds de 18 et 20 %... L’inexpérience fut donc comblée par la passion de la profession et de la rencontre-clients mais surtout par cette solide formation.

Après un séjour de deux ans en Suède, de retour au Québec, j’ai travaillé dans une étude de notaires à Montréal et j’ai par la suite fondé un bureau sur la Rive-Sud de Montréal où j’ai pratiqué pendant 11 ans. Durant cette période, j’ai agi ponctuellement à titre de syndic correspondant pour la Chambre des notaires du Québec. Une opportunité professionnelle s’est présentée à la Chambre où j’ai été embauchée à titre de directrice de l’indemnisation et du greffe de discipline. Afin de mieux répondre au défi de gestion que j’avais à relever, j’ai complété une autre maîtrise professionnelle, cette fois-ci en gestion pour cadres. C’est alors que le Bureau des services financiers m’a offert un nouveau défi en gestion des opérations. Pendant quatre ans, j’ai dirigé une équipe d’une quarantaine de personnes qui émettaient des permis d’exercice à 50 000 représentants et 6 000 cabinets qui distribuaient des produits et services financiers en assurance et en valeurs mobilières. J’ai poursuivi ma carrière à l’Autorité des marchés financiers lors de la création de cet organisme. Encore une fois, dans les nombreuses responsabilités m’ayant été dévolues dans les opérations, la surveillance des pratiques professionnelles et commerciales, la réglementation et la gestion d’une équipe de 85 employés, j’ai pu mesurer et apprécier la plus-value que ma maîtrise professionnelle en droit notarial me procurait. Sans ce diplôme de deuxième cycle, il m’eut été plus difficile d’avoir la perspective nécessaire à la compréhension des enjeux de ce secteur d’activité : l’encadrement réglementaire certes, mais aussi le respect de la nécessaire compétitivité du secteur commercial.

J’occupe maintenant le poste d’ombudsman à l’Université Laval. Aux termes du règlement que j’administre, j’ai pour fonction de m’assurer que les membres de la communauté soient traités avec justice et équité. Je réponds aux demandes d’information et de conseils et je peux faire enquête et émettre des recommandations si je le juge nécessaire ou proposer des modifications aux politiques et règlements universitaires.

Au-delà de l’acquisition de connaissances propres au notariat, mon diplôme de deuxième cycle m’aura permis de parfaire des qualités personnelles et de développer d’autres compétences notariales qui me servent au quotidien dans mon travail à l’université. Le notaire est un juriste neutre et impartial qui administre une justice de proximité. Il pratique l’écoute active, la recherche de solutions et de modes alternatifs de règlement des différends. Le notaire veille à protéger et à équilibrer les intérêts de toutes les parties à une transaction. On le nomme le juriste de l’entente. Son approche consiste à s’assurer que toutes les parties à une transaction soient traitées avec justice, équité et respect. Ces compétences notariales sont celles requises pour occuper un poste tel que celui d’ombudsman.

Février 2013

Ginette Decoste

Ginette Decoste

Muséologue et entrepreneure

Venant d'un milieu modeste, c'est une grande chance d'avoir eu accès aux études supérieures. D'abord réceptionniste et secrétaire quelques années, la création des cégeps me permit enfin de poursuivre mes études. Déjà intéressée par plusieurs domaines (arts, histoire, littérature), je choisis le droit par besoin de sécurité car j'étais certaine d'y trouver un débouché professionnel. J'ai eu raison, car quelques mois après avoir complété ma licence en droit en 1974, je décrochai un poste administratif au ministère de la Santé et des Services sociaux d'alors, à titre de chargée de programmes. Ma carrière au gouvernement du Québec se poursuivit au ministère de la Justice, au Conseil des universités et au Conseil de la famille durant 23 ans. Tout ce temps, ma formation en droit fut une extraordinaire « carte de visite »; mes supérieurs apprécièrent mon intérêt envers des dossiers variés, ma rigueur à creuser des questions complexes, mon habileté à rédiger rapports, avis, lettres, de même que mon aisance à rencontrer des gens du public pour des consultations ou la diffusion de positions gouvernementales, notamment.

Ayant toujours été attirée par la culture en général, je m'engageai au début des années 1990 dans l'association Les Amis du Musée de la civilisation. Le musée, bien qu'à ses débuts, exerçait déjà une réelle fascination. Ce travail bénévole, en parallèle à ma vie professionnelle au gouvernement, me nourrissait grandement et me mena à la présidence des Amis du Musée. Tenant compte de la structure du musée, mon objectif a été d'optimiser la contribution consentie par l'association envers le musée (gestion courante, formation des bénévoles, tenue d'assemblées, animation de comités, etc.) où, là encore, mes connaissances en droit m'ont été utiles.

Durant ma présidence, j'ai senti le besoin d'aller chercher d'autres compétences, cette fois-ci en muséologie, pour rendre encore plus efficace mon travail de bénévole. C'est ainsi que je suivis à l'Université Laval un cours d'initiation à la muséologie au niveau du baccalauréat et un cours d'administration des musées, du diplôme de deuxième cycle en muséologie. J'eus vraiment la piqûre pour cet autre univers professionnel et quittai la fonction publique afin de poursuivre à temps plein cette formation.

Tant en droit qu'en muséologie, c'est le caractère multidisciplinaire de ces deux secteurs qui m'a séduite. Encore aujourd'hui, elles me permettent d'avoir accès à des domaines tous plus intéressants les uns que les autres.

J'ai réalisé mes premiers contrats à titre de travailleuse autonome, mais je cherchai vite à structurer mon nouvel emploi. Dès la première année, je fondai la compagnie Muséo.Gestion Inc. avec un associé. Le cours de droit fut encore mis à profit (droit des compagnies, civil, fiscal, comptabilité, etc.). Ne serait-ce que pour l'embauche de collaborateurs, la négociation de contrats avec les clients et la gestion des projets, ma formation en droit me donne un aplomb et une assurance qui me servent toujours.

Un parcours « hors des sentiers battus »? Sans nul doute! Mais quelle chance d'avoir ainsi une vue d'ensemble du monde qui nous entoure!

Août 2012

Anne Demers

Anne Demers

Gestionnaire, vice-présidente aux opérations - relations avec les diplômés, La Fondation de l'Université Laval - Développement et relations avec les diplômés 

Au milieu des années 80, les études universitaires en philosophie étaient peu populaires, à tout le moins dans mon entourage immédiat. Toutefois, ayant pris goût à cette discipline lors de mes études au cégep, j'ai choisi de m'inscrire au baccalauréat en philosophie à l'Université Laval.

Mon objectif de carrière était de faire des études supérieures afin d'enseigner, mais aussi d'agir à titre de consultante pour implanter des codes de valeur au sein des entreprises. Les questions d'éthique applicables dans le secteur des affaires m'intéressaient au plus haut point. Lors de ma deuxième année en philosophie, un cours d'éthique ainsi qu'un cours de philosophie du droit sont venus ébranler sérieusement ma volonté de poursuivre dans cette discipline. C'est à ce moment-là que j'ai choisi d'effectuer mon baccalauréat en droit ainsi que ma formation à l'École du Barreau.

Dès mon admission au Barreau, je savais d'ores et déjà que la pratique traditionnelle du droit ne répondait pas entièrement à mes aspirations professionnelles. Comme j'avais eu la chance pendant mes études de travailler au sein d'entreprises de gestion, et étant profondément convaincue que ma formation en droit me serait utile, j'ai choisi de faire carrière en tant que gestionnaire. 

La partie ne fut pas gagnée d'avance. Le questionnement sur la pertinence d'effectuer ou non une formation complémentaire en administration s'est évidemment posé. Comme j'avais déjà changé de programme une première fois, j'ai pris le risque de poursuivre dans cette voie. Avec patience et avec détermination, j'ai oeuvré au sein d'organisations en coordination d'événements ainsi qu'au sein d'une firme de relations publiques et affaires gouvernementales fondée par mon confrère de classe et conjoint de surcroît. 

Bénévole pendant quelques années au sein du Comité des services à la population du Barreau de Québec, c'est avec beaucoup de fierté que j'ai été nommée directrice générale du Barreau de Québec en 1995, soit quatre ans après mon admission au Barreau. cette expérience pendant plus de huit années fut déterminante. D'une part, cela a confirmé que j'avais choisi la bonne voie et que la gestion d'organisations ou d'entreprises était la carrière que je souhaitais mener pour le reste de ma vie professionnelle. Cela m'a également permis de réaliser pleinement combien ma formation en droit m'était utile au quotidien dans mon rôle de gestionnaire. Que ce soit au niveau de la capacité d'analyse et de synthèse d'enjeux, de la rédaction de divers documents, des notions en droit du travail, des contrats avec les fournisseurs, chaque jour, encore aujourd'hui, ma formation en droit m'est constamment utile.

Est-ce que la formation en droit est requise pour être gestionnaire? Absolument pas. Cependant, les avantages qui y sont associés sont indéniables.

Est-ce que j'aurais dû compléter ma formation en droit par un programme en administration? Possiblement, car cela m'aurait sans doute évité de participer à plusieurs séminaires en administration. Mais encore là, je ne regrette rien puisque j'y ai rencontré des gens formidables, lesquels m'ont permis d'accroître mon réseau de contacts. 

Aujourd'hui, avec presque 20 ans d'expérience comme gestionnaire, et constatant l'évoluation de la pratique du droit dans plusieurs nouvelles sphères d'activités, je suis très heureuse de mon parcours professionnel et fière d'être toujours membre du Barreau du Québec.

Septembre 2012

Annie Demers

Annie Demers

Conseillère principale dans une firme d’actuaires-conseils

J’ai complété mon baccalauréat en droit à l’Université Laval en 1998 et, après avoir franchi les étapes traditionnelles, j’ai été assermentée comme membre du Barreau du Québec en 1999. Je garde le souvenir de professeurs désireux de nous transmettre leurs connaissances et de contribuer à notre succès.

J’ai débuté ma pratique en droit familial auprès du bureau d’avocats où j’avais accompli mon stage. Après un an et demi, j’ai conclu que ce domaine du droit n’était pas celui qui me convenait le mieux. À ce moment, un grand cabinet de Toronto venait d’ouvrir une succursale à Montréal et cherchait un avocat junior dans le domaine des régimes de retraite. Forte de mes quelques connaissances en matière de régimes de retraite acquises dans le cadre du partage du patrimoine familial, j’ai posé ma candidature et obtenu le poste.

J’ai travaillé trois ans et demi dans ce cabinet, puis j’ai décidé de poursuivre ma carrière dans le même domaine, mais auprès d’une entreprise, plutôt qu’en cabinet d’avocats. L’équilibre entre ma vie professionnelle et ma vie personnelle a motivé mon choix en grande partie. Depuis lors, je suis employée par une firme d’actuaires-conseils.

Au quotidien, mon rôle consiste à assister mes collègues actuaires quant à la conception et à l’administration des régimes de retraite (prestations minimales requises par les lois sur les régimes de retraite, paiement des prestations de décès, partage des droits lors de la rupture du mariage, etc.).

Je rédige fréquemment des modifications aux textes de régimes de retraite pour refléter les modifications législatives. J’aide aussi mes collègues lorsque certains des clients de l’entreprise s’engagent dans des transactions (achat d’actifs, achat d’actions, fusion) avec d’autres entreprises où les régimes de retraite doivent être pris en considération. De plus, je conseille les administrateurs de régimes de retraite en matière de gouvernance (déroulement des réunions, contenu des procès-verbaux, liste des tâches à accomplir, gestion des risques rattachés aux régimes de retraite).

Je crois sincèrement qu’au départ, c’est le domaine des régimes de retraite qui m’a choisie, plus que je ne l’ai choisi moi-même! Toutefois, après un certain temps, j’ai développé un réel intérêt pour ce domaine du droit très technique et en évolution rapide.

L’un des avantages de travailler auprès d’une firme d’actuaires consiste à agir dans un milieu pluridisciplinaire où les connaissances particulières de chaque membre de l’équipe sont mises à contribution. Les approches complémentaires des avocats et des actuaires sont combinées pour de meilleurs résultats. Comme je suis affectée à plusieurs équipes à l’interne, j’ai l’occasion de travailler avec plusieurs personnes, dont le niveau de connaissance et d’expérience diffère grandement. C’est un milieu qui encourage beaucoup l’initiative et la créativité.

On dit que le rôle de l’université est de nous apprendre à apprendre. L’expérience m’a démontré que cette affirmation est exacte. Les facultés de droit des universités québécoises n’offrent pas de cours dans le domaine des régimes de retraite (nous sommes environ une vingtaine d’avocats ayant développé une expertise dans ce domaine au Québec). J’ai donc appris les règles applicables « sur le tas », en lisant les lois et les textes des régimes de retraite. Mes cours en matière d’obligations m’ont été très utiles et le demeurent aujourd’hui (les régimes de retraite sont des contrats). Les connaissances acquises sur les méthodes d’interprétation des lois sont aussi fondamentales. Le domaine des régimes de retraite nécessite par ailleurs des connaissances en matière de droit du travail et de droits de la personne.

Mai 2014

Karounga Diawara

Karounga Diawara

Professeur à la Faculté de droit de l’Université Laval

Mon parcours académique et professionnel peut sembler, à première vue, atypique pour ne pas dire surprenant ou étonnant. Cependant, il serait, de plus en plus perçu comme commun et familier au seuil du 21e siècle, à l’ère de l’interpénétration des cultures et des économies et de l’avènement de ce que Léopold Sedar Senghor, le célèbre poète francophone, a appelé « la civilisation de l’universel », caractérisée par le « rendez-vous du donner et du recevoir ». Mis dans ce contexte d’interculturalité et de dialogue civilisationnel de nature francophone, ma formation académique, parachevée par l’obtention d’un doctorat en droit (LL. D. ) à la Faculté de droit de l’Université Laval, a commencé au Sénégal, mon pays de naissance et ma terre nourricière, où j’ai reçu une formation de base en droit civil en général, et en droit de l’entreprise, en particulier. J’y ai obtenu mes diplômes respectifs de baccalauréat en droit et de maitrise en droit de l’entreprise à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, ville située au nord du Sénégal, et pour l’anecdote, qui a été la porte d’entrée des Français en Afrique subsaharienne approximativement au même moment et durant la même période que Jacques Cartier débarquait au Québec.

Après avoir été imprégné dans mon pays de naissance d’une formation de base en droit civil et très porté, tout jeune, par le goût de la découverte, de l’aventure, bref de « soif de connaissance », c’est sans aucune hésitation que j’ai saisi l’opportunité qui m’était offerte de poursuivre mes études dans un contexte francophone en Belgique où je m’inscrivis à un programme de DEA en droit communautaire européen, intéressé principalement par le laboratoire qu’offrait cet ordre juridique atypique et particulier qu’est l’Union européenne et dont l’observation, l’analyse et l’interprétation pouvaient éveiller, intéresser et développer n’importe quel esprit juridique curieux.

Ce fut d’ailleurs à l’occasion de ce court séjour – juste deux ans – en Belgique que mon intérêt envers le domaine du droit économique, en général, et du droit de la concurrence, en particulier, s’est révélé à travers mon mémoire de DEA que je consacrais à la thématique de la détermination du marché pertinent, sous la supervision inestimable du doyen Pappalardo dont je fus le dernier chercheur qu’il encadrait.

En somme, après avoir subi une formation de type traditionnel qui a mis l’accent sur la connaissance des fondements théoriques du droit avec des examens à livres fermés, sans aucune consultation de documents même des textes de Loi et où la seule arme est la compréhension de la matière et la maîtrise de la méthodologie juridique, je découvris les mérites de « l’examen à livres ouverts » et l’importance de la présentation formelle des écrits juridiques en Belgique.

Je devine bien à présent la question qui vous trotte l’esprit : pourquoi donc le Québec, après la Belgique? La langue commune d’abord, vous l’aurez deviné. La soif de découverte et le goût de l’aventure, ensuite, vous l’aurez compris. Et enfin, la Faculté de droit de l’Université Laval, par son histoire – la plus ancienne faculté de droit francophone en Amérique – et son rayonnement à l’international et surtout au sein de la francophonie, vous l’aurez aussi imaginé.

Il va sans dire qu’une période d’adaptation était nécessaire : une adaptation aux conditions climatiques d’abord et une autre relative aux conditions sociales d’ordre pédagogique et culturel. Cela peut sembler insurmontable… Mais dans mon cas, ayant appris très tôt l’importance de l’ouverture d’esprit et des bienfaits de la rencontre d’autrui, je m’imprégnai très vite de la rigueur et du pragmatisme nord-américains. Il faut ajouter à cela la structuration des programmes des cycles supérieurs de la Faculté de droit qui offrent la possibilité à l’étudiant-chercheur de suivre des cours lui permettant de prendre conscience des exigences d’ordre méthodologique et théorique en vue de la rédaction de sa thèse, son mémoire ou son essai. Ces sortes de cours préalables m’ont permis de « prendre le pouls » et de pouvoir ensuite mener à bien la rédaction de ma thèse.

Ayant toujours eu le désir de contribuer à la recherche et de transmettre la connaissance selon une vision progressiste du droit, j’ai alors profité de mon doctorat pour acquérir de l’expérience dans l’enseignement en tant qu’auxiliaire d’enseignement à la Faculté de droit, puis chargé de cours au département de sciences juridiques de l’UQÀM. Cette expérience en matière d’enseignement ainsi que le couronnement de ma thèse par le prix Henri-Capitant m’ont permis d’être recruté comme professeur régulier au Département de sciences juridiques de l’UQÀM. L’année suivante, je regagnai avec joie la Faculté de droit de l’Université Laval en faisant d’une pierre deux coups : non seulement je rejoignais ainsi mon alma mater, mais aussi mon fils. Au sein du corps professoral dynamique de la Faculté de droit de l’Université Laval, j’enseigne et mène des recherches dans mes domaines d’intérêt que sont le droit économique en général, et le droit de la concurrence, le droit de l’entreprise et le droit transnational, en particulier. Je codirige aussi le Centre d’études en droit économique de la Faculté de droit; je suis également rédacteur en chef de sa revue, le Bulletin de droit économique, tout en restant actif dans plusieurs autres regroupements scientifiques comme l’Institut des hautes études internationales de Québec (HEI), l’Academic Society for Competition Law (ASCOLA), le Groupe de recherche en droit international et comparé de la consommation (GREDICC) de l’UQÀM.

Avril 2014

Pierre Duchesne

Pierre Duchesne

Notaire, secrétaire général de l'Assemblée nationale et lieutenant-gouverneur du Québec de 2007 à 2015

La prise de ruban, événement auquel chaque finissant du cours classique devait se plier, fut l'élément déclencheur d'un choix de carrière qui n'était pas évident à l'époque mais qui allait se révéler le meilleur par la suite.

Dans la dernière année de mon cours, le stage pratique que j'ai eu la chance de vivre chez un notaire doué d'une méticulosité excessive (nous collationnions les copies produites en photocopies) m'a conféré ce souci du mot juste, de la précision des noms, des nombres et des dates, en plus de m'inculquer la recherche de la perfection dans tous les actes que nous étions appelés à rédiger.

Ma pratique du droit notarial a été empreinte du doute qui doit exister chez celui qui livre une opinion ou instrumente un texte, doute qui oblige un questionnement sur toutes les hypothèses possibles; cet examen complété, une certitude apparaissait; puis, je pouvais agir avec assurance et faire en sorte que cette confiance qui dorénavant m'habitait se manifeste chez le client que je servais ou l'autorité à qui je prodiguais un avis. D'ailleurs, à quelque étape que ce soit dans ma vie, la devise qui apparaît dans mes armoiries a été et demeure mon guide : Confide tibi et persevera. L'exercice de ma profession de notaire s'étant déroulé en région, loin de mon alma mater, je dus apprendre vite à voler de mes propres ailes. 

Et, dans ce lieu où j'ai oeuvré, je n'hésiterai pas à dire que cette profession m'a ouvert d'innombrables portes par lesquelles j'ai pu apporter une contribution valable à la communauté. Mon entrée dans plusieurs corporations, qu'elles furent à but non lucratif ou strictement commerciales, se faisait par le poste de secrétaire que l'on m'offrait. On associait souvent, et encore aujourd'hui je présume, le rôle d'un notaire à celui d'un secrétaire d'une organisation. Vous verrez comment ce rapport s'établira à nouveau dans la nouvelle carrière que j'allais embrasser. 

Après de belles années de travail en milieu éloigné, je suis revenu à Québec avec ma famille. Mon statut de notaire et un curriculum vitae bien rempli m'ont permis d'accéder à un poste de conseiller cadre à l'Assemblée nationale. Incidemment, le momentum ne pouvait être meilleur : mes patrons, le Président, un vice-président et le secrétaire général de l'Assemblée, étaient tous trois notaires lors de mon recrutement.

J'estime que toutes mes années d'une pratique très variée de la profession surent me préparer à la fonction qui m'attendait : rédiger des procès-verbaux, des amendements aux projets de loi; délibérer sur une question de droit et émettre un opinion juridique; certifier des copies de documents, des extraits; constituer des banques de données sur la jurisprudence, etc. Mais avant tout, me familiariser avec la procédure parlementaire, domaine qui m'était inconnu, occupa une grande partie de mon temps à mes débuts.

J'allais vivre une époque de rêve dans ce lieu privilégié. Le droit parlementaire dans toute son application aura été ma plus importante motivation pendant les 30 années que j'ai passées à l'Assemblée. Mon intérêt pour l'ensemble des services offerts aux députés m'a permis d'accéder à la plus haute fonction administrative, soit celle de secrétaire général.

L'heure de ma retraite ayant sonné, je dus interrompre ce repos lorsque l'on m'invita à occuper le rôle de lieutenant-gouverneur du Québec. Sans aucun doute que ma profession de notaire jumelée à celle de secrétaire général de l'Assemblée nationale et ma feuille de route dans la société civile comme dans le milieu parlementaire international ont contribué à cette nomination qui ne figurait pas, à l'époque de mes études en droit notarial, dans mon plan de carrière.

Août 2012

Catherine Gagné

Catherine Gagné

Avocate dans un contentieux d’une compagnie d’assurances

J’ai complété mon baccalauréat en droit à l’Université Laval en 1998, après trois années d’études qui m’ont apporté beaucoup au point de vue des connaissances générales et de l’esprit analytique. J’ai particulièrement apprécié côtoyer des professeurs qui étaient passionnés de leur domaine et qui désiraient nous transmettre cette passion. Assermentée en 2006 après un retour aux études en 2005, j’ai débuté ma carrière dans un bureau privé. J’ai alors pu toucher à tous les domaines du droit mais j’ai également connu le stress – car pour moi c’en était un – de chercher de nouveaux clients et d’accepter des mandats qui ne me plaisaient pas toujours. Puis, j’ai eu l’opportunité d’aller dans un contentieux de compagnie d’assurances générales et j’ai vu là la possibilité de me spécialiser dans un domaine, les assurances, tout en gagnant de la stabilité dans ma vie.

Le domaine des assurances est passionnant, varié et plein de défis. La routine n’est pas présente. J’ai complété les examens pour l’obtention des permis d’expert en sinistre, en particulier et en entreprise, ce qui m’a permis d’acquérir des connaissances plus techniques dans le domaine des assurances, qui me servent quotidiennement.

Étant donné que je fais du litige, le domaine de la responsabilité civile prend également beaucoup de place dans mon travail. Ce dernier consiste à prendre la défense des assurés poursuivis en responsabilité civile, à entreprendre des procédures en recouvrement et à traiter des dossiers concernant des assurés, notamment dans les cas de déclarations mensongères. Évidemment, mon travail m’amène à me déplacer un peu partout dans la province, et ce, assez régulièrement, notamment pour procéder à des interrogatoires.

Les compétences recherchées pour occuper un poste similaire sont l’esprit d’analyse, la gestion du stress, la capacité à établir les priorités et la communication. Ce que j’apprécie le plus de mon travail est le fait que chaque dossier est différent et permet d’apprendre sur une multitude de sujets.

Septembre 2012

Juan Sebastian Grosso

Juan Sebastian Grosso

Avocat spécialisé en investissement immobilier

Après avoir obtenu mon diplôme d’avocat en Argentine en 2000, j’ai fait une maîtrise en droit international à l’Université Laval, ce qui m’a permis d’accroître grandement mon réseau de contacts. J’ai eu la chance de pouvoir choisir cette université et de découvrir l’environnement culturel et cosmopolite de Québec. Après une magnifique expérience universitaire et humaine, je suis rentré en Argentine, où j’ai commencé à travailler dans un cabinet d’avocats spécialisé en droit international privé, et dont les clients – des entreprises et des individus avec un patrimoine très important – souhaitaient développer leurs affaires en Argentine et à l’étranger.

Après quelques années de travail dans ce cabinet, j’ai pris la décision d’orienter ma carrière vers les affaires immobilières et je me suis consacré principalement à la recherche d’occasions d’affaires. C’est en ce sens que j’ai pu mettre en pratique mes connaissances en droit, tout en visant l’aspect commercial. Les caractéristiques de l’Amérique latine, et notamment celles de l’Argentine, instable avec des hauts et des bas sur les plans politique et économique, permettent aux individus avec un haut degré de tolérance au risque de réaliser de bonnes affaires.

Aujourd’hui, je me considère davantage comme un client d’avocat qu’un avocat en exercice. Je passe mes journées à tenter de former des équipes efficaces qui réussiront à trouver des solutions aux problèmes des actifs immobiliers à risque que l’on trouve sur le marché.

Les investisseurs de risque, qui connaissent les règles du jeu, acquièrent des propriétés qu’il serait impossible d’acheter ailleurs car extrêmement onéreuses. Ces individus, qui aiment ce genre de transactions risquées, nous demandent de les aider à trouver des investissements de ce type, d’en analyser les avantages et les inconvénients, de mesurer les risques, etc.

Mon expérience professionnelle et la formation globale que j’ai acquise pendant mes études de droit, au baccalauréat comme à la maîtrise, m’aident à approfondir les analyses que je dois faire a priori des cas qui m’apparaissent comme des opportunités. La connaissance du commerce et du marché international que j’ai acquise pendant ma maîtrise m’aide beaucoup dans mon travail, surtout quand vient le temps de régler des problèmes légaux hors frontières, notamment dans le cas de successions ou avec des sociétés étrangères. Aussi, mon expérience m’aide à évaluer de manière rationnelle et objective et à « comparer » les valeurs, les coûts et les bénéfices par rapport à d’autres régions et pays. Ces aspects sont décisifs au moment de conseiller les investisseurs.

L’Argentine est bien connue partout dans le monde pour son manque de stabilité et ses bouleversements économiques, mais aussi pour ses beaux paysages ruraux, sa viande et son cépage malbec. J’espère que de nouveaux investisseurs découvriront tout le potentiel que représente l’Argentine, pas seulement sa viande « el asado » et son vin, mais surtout la richesse de ses ressources naturelles et humaines. 

Mars 2015

Hélène Héroux

Avocate dans un organisme à but non lucratif

N. B. : Madame Héroux occupe actuellement un autre emploi.
Crédit : Barreau du Québec, février 2011

Fannie Lafontaine

Fannie Lafontaine

Professeure à la Faculté de droit de l’Université Laval et directrice de la Clinique de droit international pénal et humanitaire

Après un an à voyager en Amérique latine après le cégep, j’ai entrepris le baccalauréat en droit en 1996 avec l’idée de bien réussir, certes, mais aussi de bien m’amuser. Je me suis impliquée très tôt dans l’association étudiante, dans les différents comités, j’ai cofondé le journal étudiant de l’époque, le Délateur, j’ai fait le Tribunal-École, fait un échange d’une session au Mexique, participé aux activités sociales : bref, mes trois ans de baccalauréat ont été une occasion d’élargir mes horizons, de développer des compétences bien au-delà des connaissances juridiques, de me faire de bons amis, de déployer mes ailes. J’ai profité de mes étés pour voir les glaciers et manger des maringouins en Colombie-Britannique en plantant des arbres. Je mentionne ce fait en apparence anodin pour une raison qui apparaîtra claire plus tard. Il ne faut surtout pas sous-estimer l’impact potentiel des activités extracurriculaires que nous choisissons par intérêt sur les opportunités professionnelles futures. J’ai d’abord suivi le parcours classique de la « course aux stages » et suis partie travailler un été chez McCarthy Tétrault à Montréal, avant d’y faire mon stage après l’École du Barreau et d’y travailler un an comme avocate de litige. Ce fut une excellente école où j’ai beaucoup appris aux côtés de grands avocats. Puis, j’ai posé ma candidature pour un très convoité poste d’auxiliaire juridique à la Cour suprême du Canada. J’avais déjà un intérêt pour le droit international et je me souviendrai toujours du moment où j’ai reçu une lettre de Louise Arbour, qui revenait d’un passage très remarqué comme procureure des tribunaux internationaux pénaux pour l’ex-Yougoslavie et le Rwanda, me convoquant à une entrevue. Mon excitation n’avait d’égal que ma nervosité! Après avoir passé une entrevue avec deux autres juges, je me rends dans son bureau le cœur battant. Eh bien… La première chose qu’elle me dit? « J’ai écrit sur votre CV : ceci est une planteuse d’arbres, je veux la rencontrer ». S’en est suivie une discussion passionnante sur les voyages, les aventures, la musique… et un peu de droit, pendant plus d’une heure, à des millénaires de ce à quoi je pouvais m’attendre d’une telle entrevue dans le décor austère de la Cour suprême. Ce qui aura fait que j’ai eu le poste? Mes bonnes notes? Je n’étais pas seule, loin s’en faut. Plutôt mes expériences et mes intérêts, bien au-delà du droit.

J’ai par la suite pris une année sabbatique pour voyager en Asie du Sud-Est, avant de revenir travailler à la Cour suprême en 2002, puis faire une maîtrise en Angleterre pour me perfectionner en droit international. Voulant par la suite mettre en pratique ces connaissances et apprendre une autre langue (vous l’aurez compris, les langues sont incontournables, il faut faire des efforts pour les apprendre), j’ai mis le cap sur le Brésil où j’ai travaillé pour une organisation non gouvernementale de protection de droits de la personne. Après quelques mois de travail fascinant et plusieurs sambas, un coup de fil de Genève arrive : Arbour, maintenant haute-commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, me demande de venir sur le champ travailler avec l’éminent juriste Antonio Cassese à la Commission internationale d’enquête sur le Darfour. Il faut parfois garder les valises près de la porte! En moins de deux jours, j’étais partie. Ce fut une expérience marquante et éprouvante, qui m’ouvrira aussi les portes des Nations Unies, où j’ai par la suite travaillé, pour le bureau des droits de la personne à Genève.

Après près de trois années mémorables et encore passionnée par mon travail, je postule sur un poste de professeure à la Faculté de droit de l’Université Laval, dans ma ville natale, avec deux magnifiques enfants maintenant au centre de ma vie. Je n’avais pas le parcours académique typique et on décide de me faire confiance. En poste depuis 2007, j’ai depuis terminé un doctorat. Je poursuis mes recherches en fonction de mes intérêts en droit international, en droits de la personne et en droit pénal, je continue de m’impliquer sur le terrain avec notamment Avocats sans frontières Canada et j’essaie du mieux que je peux de transmettre à mes étudiants, qui sont fantastiques, ma passion du droit et au-delà. La Clinique que j’ai fondée me permet à mon tour de leur ouvrir la première porte de l’international. Bref, j’ai avancé dans ma carrière en faisant des choix en fonction de ce que j’aimais et, la plupart du temps, heureusement, la vie m’a menée sur les bons chemins.

Septembre 2012

Frédéric Lavigne

Frédéric Lavigne

Conseiller juridique, Association du personnel administratif professionnel de l’Université Laval (APAPUL)

C’est dans un contexte où gravitaient de nombreux juristes dans ma famille que j’ai orienté mon choix de carrière, sans doute influencé par la profession, mais assurément guidé vers celle-ci comme si aucune autre avenue ne m’était envisageable.

C’est en 1999 que j’ai eu à choisir entre les relations de travail et le droit. Comme vous pouvez le constater, c’est le droit qui a eu gain de cause. J’ai fait ma formation en droit à l’Université Laval. À la suite de mon baccalauréat, j’ai entrepris de bâtir ma résidence avant de faire mon stage du Barreau. C’est en 2004 que j’ai été assermenté.

Professionnellement, par la force des choses et avec les années, j’ai eu à travailler dans des milieux syndiqués, entre autres, durant mes années d’études. Je me suis alors retrouvé à défendre les intérêts d’autrui, et ce, autant lors de mon stage que par mes emplois subséquents. Plus concrètement, le monde syndical allait devenir pour moi une spécialisation, mais surtout une vocation.  

J’ai commencé « officiellement » dans le domaine en tant que conseiller en évaluation d’emploi et en équité salariale pour la FISA (Fédération indépendante des syndicats autonomes). Cette fédération est une petite centrale syndicale indépendante qui est spécialisée principalement dans le monde municipal. Lors de mon passage dans cette centrale, mes mandats ont évolué pour que je sois reconnu conseiller syndical.

Je suis demeuré à la FISA durant trois ans et aujourd’hui je pratique toujours dans le monde syndical, mais en tant que conseiller juridique pour l’Association du personnel administratif professionnel de l’Université Laval (APAPUL). Ce syndicat indépendant a comme mission de promouvoir et de défendre les intérêts collectifs et individuels de ses membres, de contribuer à leur développement, tant professionnel que personnel, de les informer et d’agir sur des enjeux les concernant.

Naturellement, la défense des travailleurs me tient beaucoup à cœur. De plus, le fait d’être avocat me donne davantage d’autonomie dans l’exercice efficient de mes fonctions. Par contre, le fait d’être juriste n’est pas tout dans l’équation, car ma grande rationalité, mon esprit analytique et mon empathie me permettent de bien épauler les travailleurs et surtout de bien les conseiller. Particulièrement, le fait d’être avocat me permet aussi, notamment, de rédiger et de plaider les griefs ou encore d’orienter juridiquement le conseil d’administration de mon association.

La marge de manœuvre dont je dispose, autant en ce qui a trait à la négociation dans le règlement d’un dossier juridique par exemple, est plus grande parce que je suis avocat. Même si le droit du travail se veut « déjudiciarisé », la réalité en est tout autrement. Accomplir une tâche et mener à bien un dossier du début à la fin, voilà ce que me permet le fait d’être avocat. Comme le disait Pierre Falardeau « Si tu te couches, ils vont te piler dessus. Si tu restes debout et tu résistes, ils vont te haïr, mais ils vont t’appeler « monsieur »».

La défense d’autrui, particulièrement dans le monde syndical, c’est aussi et surtout user de ses capacités et de ses connaissances pour représenter, et essentiellement, pour que soit respecté les droits des travailleurs. Que ce soit en réglant un dossier par les relations de travail, par une sentence arbitrale parce qu’on aura été en grief ou, encore, par la négociation passant par le renouvèlement d’une convention collective, l’important c’est que nos membres, les travailleurs que l’on représente, se sentent en confiance et respectés par l’Employeur. Le fait de mener à bien ma tâche de A à Z me permet aussi de soutenir le travailleur et de l’épauler tout au long d’un processus, par exemple. Le lien de confiance en est d’autant plus solide.

J’ai choisi cette profession sans doute par influence. Mais, aujourd’hui je peux vous assurer que je n’ai aucun regret. Le sentiment du devoir accompli et la fierté d’avoir assuré le droit et le respect de nos membres me comblent.    

Février 2016

Martin Michaud

Martin Michaud Crédit photo : Mathieu Rivard

Écrivain, scénariste, musicien et avocat

J’ai vécu un premier appel à l’écriture pendant un cours de poésie donné par le professeur Jean-Guy Marceau, au Cégep de Limoilou. Nous étions alors en 1988, j’avais dix-sept ou dix-huit ans, j’étais épris des mots et me retrouvais indécis quant à mon avenir.

Il pourrait sembler naïf de décider de sa trajectoire sur une seule phrase, mais c’est pourtant ce que j’ai fait. Je me suis en effet laissé convaincre d’étudier le droit par une affirmation souvent entendue dans mon entourage à cette époque :

« Le droit mène à tout. »

J’ai étudié à la Faculté de droit de l'Université Laval de 1989 à 1992. L’amour des mots que je cultivais depuis le cégep allait être servi dès ma première session : j’ai eu l’honneur d’avoir Maurice Tancelin comme professeur, lui dont le traité de droit des obligations nous terrorisait par son érudition. Je garde d’ailleurs encore l’un de ses mots en mémoire, un mot qui était un peu devenu sa marque de commerce : « lapalissade ». À ce jour, je cherche toujours l’occasion de l’utiliser dans un roman.

Cet amour des mots allait mettre sur ma route de merveilleux camarades au sein de la Faculté en Jean-François Dolbec, Marc-André Gravel, François Mathieu et quelques autres, qui partageaient ma passion pour l’écriture. Autour de quelques bouteilles de vin, d’une tablette de papier et de quelques stylos, nous avons refait le monde à de nombreuses reprises en jouant au cadavre exquis jusqu’à trop tard dans la nuit.

De mes années à la Faculté, je conserve un excellent souvenir de la qualité de l’enseignement de même que de la vivacité de la vie étudiante. (Et je l’avoue, aussi de quelques soirées mémorables à La Résille et au Pollack.) Avec le recul, je crois avoir acquis à la Faculté des outils qui allaient me suivre pour le reste de ma vie : apprendre à structurer ma pensée, à travailler avec rigueur et à déployer les efforts nécessaires pour réussir. J’y ai également développé des amitiés sincères que j’entretiens toujours, vingt-cinq ans plus tard.

J’ai fait mon Barreau à Québec en 1993 et le hasard – lire ici la fin de la récession – a voulu que je décroche mon premier boulot d’avocat à Montréal, où je vis depuis. J’ai complété une maîtrise en droit à l’Université de Montréal en 1995. Par la suite, j’ai eu la chance de saisir au bond la balle d’Internet, à une époque où peu de juristes s’intéressaient aux enjeux naissants des environnements électroniques.

J’ai travaillé presque vingt ans comme avocat d’affaires. D’abord comme conseiller juridique chez Téléglobe; puis comme directeur des Affaires juridiques de up2 technologies; et ensuite à titre de vice-président, Affaires juridiques et Développement des affaires chez Microcell i5. J’ai également fait une incursion de quelques années en grand cabinet chez Fasken Martineau, avant de revenir œuvrer en entreprise au sein du contentieux de Radio-Canada. Ma pratique était essentiellement orientée autour d’une activité principale : rédiger et négocier des contrats complexes dans le domaine des technologies de l’information.

Pendant toutes les années où j’ai exercé le métier d’avocat, j’ai vécu en parallèle une double vie. Tout naturellement, après le cégep, j’ai commencé à écrire de la poésie. De là, je suis passé aux paroles de chansons, que j’interprétais avec mon band de l’époque, m-jeanne. Je me suis pour la première fois adonné au genre romanesque vers l’âge de vingt-cinq ans. J’ai écrit deux romans sur une période de douze ans. Le premier, tellement mauvais, n’est jamais sorti de mes tiroirs, alors que le deuxième a été refusé par toutes les maisons d’édition de l’Univers…

Puis, au moment où seuls ma mère et mon chien croyaient encore en ma capacité de devenir écrivain, j’ai retrouvé un fichier dans mon ordinateur. Plusieurs mois plus tôt, j’avais jeté quelques notes concernant un projet d’une série de romans policiers mettant en vedette un enquêteur du SPVM. Le personnage principal s’appelait Victor Lessard. J’ai alors écrit un premier polar intitulé Il ne faut pas parler dans l’ascenseur et, à partir de là, tout s’est enchaîné.

De 2010 à 2015, j’ai publié six romans (vendus à plus de 150 000 exemplaires et récompensés par six prix littéraires), quatre nouvelles et le conte de Noël du journal La Presse (en 2014). À l’aube de publier mon septième thriller au Québec, mes livres sont édités en Europe francophone et le seront bientôt ailleurs, dans d’autres langues.

J’ai le privilège de gagner ma vie de ma plume depuis 2012, date à laquelle j’ai mis ma carrière juridique entre parenthèses. En parallèle de mes activités de romancier, j’adapte également mes œuvres pour la télé et le cinéma québécois. Les droits de Sous la surface ont par ailleurs été acquis par un producteur en vue d’en faire une adaptation pour le cinéma américain.

Dans les salons du livre ou les conférences qu’on m’invite à donner, on me demande souvent comment ma formation d’avocat m’aide comme écrivain.

Après avoir précisé qu’être avocat m’est utile dans la gestion de mes droits, je réponds toujours la même chose : un contrat est une mécanique complexe qui raconte l’histoire d’une transaction. Dans un contrat, une seule virgule peut avoir des conséquences significatives pour un client. Il faut donc soigner les détails. Un roman policier est également une mécanique complexe où chaque détail compte, sous peine de faire dérailler l’ensemble.

Rongé par un feu qui me brûlait de l’intérieur, j’ai parfois pensé pendant les années où j’œuvrais dans le monde juridique que je passais à côté de ma vie. Mais je sais maintenant que je ne serais pas en mesure d’écrire ce que j’écris si je n’avais pas étudié en droit et travaillé aussi longtemps comme avocat. La boîte à outils que j’avais commencé à développer à la Faculté de droit de Laval s’est enrichie au fil de mes années de pratique et me sert chaque jour.

Je continue par ailleurs de compléter les trente heures de formation obligatoires du Barreau. Pourquoi? Parce qu’être avocat a été, et demeure, une partie importante de ma vie et que je suis fier d’appartenir à cette confrérie.

Cela dit, à la lumière de ce qui précède, est-ce que le droit mène à tout?

S’il était encore en vie et qu’on lui posait cette question, j’aime penser que le professeur Tancelin hausserait les épaules et dirait d’un air goguenard :

– C’est une lapalissade.

Juin 2015

Manuelle Oudar

Manuelle Oudar Crédit photo : Marie-Josée Legault

Présidente et chef de la direction de la CNESST

Quelle idée intéressante que cette chronique « témoignages de diplômés » de la Faculté de droit de l'Université Laval pour faire découvrir les possibilités qui s'offrent à vous, étudiantes et étudiants en droit. La richesse des parcours professionnels de mes consœurs et confrères vus dans cette chronique démontre l'ampleur de l'éventail devant vous. Je ne pense pas qu'aucune autre formation n’en offre autant.

« Le droit mène à tout », entend-on dire souvent. Ce « tout », c'est la voie qui s'ouvre à vous. Jamais vous ne regretterez chers étudiants et étudiantes d'avoir choisi le droit. Je n'ai rencontré personne qui l’ait regretté.

En ce qui me concerne, le droit m'a permis d'exercer de nombreuses fonctions dont j'ignorais même l'existence lors des choix à faire au cégep. J'arrivais de Corse, après que mes parents aient décidé de quitter cette île, d'immigrer ici, le 3 août 1978, et de repartir à zéro afin de permettre à leurs trois filles d'étudier à l’Université Laval, il y a 40 ans aujourd'hui. Cette décision-là non plus, je ne l'ai jamais regrettée. L’éducation pour tous, c’est la richesse de toutes les sociétés. C'est un des plus beaux cadeaux que mes parents m'aient faits : tout abandonner pour nous permettre d'étudier... En plus dans une université de choix, l'Université Laval et de surcroît à la Faculté de droit pour ma part.

Ce chemin m'a permis non seulement de faire mon baccalauréat en droit en même temps que débutait à 20 ans, ma vie de mère de famille, mais aussi d'être très bien préparée pour le Barreau que je terminais à 22 ans. Voulant continuer mes études de droit à la Faculté, j'y effectuais par la suite ma maîtrise.

Ce fut au cégep que mon désir de devenir avocate s'était fortement imposé en moi. D'abord attirée par le droit en protection de la jeunesse, ensuite par le droit international, le droit des affaires, le droit autochtone, le droit administratif, le droit constitutionnel, les droits et libertés de la personne, la bioéthique et toujours par le droit civil, j'aimais tout... L'Université Laval a toujours eu d’excellents professeurs dans toutes ces matières, leur passion était contagieuse et je pense encore souvent à eux et à elles après plus de 30 ans. Je les cite encore très souvent... 

Grâce à leurs cours universitaires et grâce aussi au Barreau du Québec qui nous ont adéquatement préparés au monde du travail, à en comprendre les contours et à en saisir tous les enjeux, j’ai pu travailler dans toutes ces matières. J'ai eu la chance de faire mon stage au ministère de la Justice et d'exercer presque toute ma carrière dans la fonction publique. Les dossiers y sont passionnants et les équipes de travail sont des plus motivantes. Je me permets de saluer ici et d’exprimer mon admiration et mon profond respect pour toutes ces femmes et ces hommes qui choisissent de servir les citoyens et de travailler pour la fonction publique.

J'ai été appelée à travailler au sein de plusieurs équipes d'affaires juridiques de ministères, comme avocate légiste en rédaction des lois et règlements et ensuite comme directrice. Ces fonctions m’ont amenée à coordonner de nombreuses modifications législatives, qui sont tout aussi importantes les unes que les autres pour les citoyens du Québec et en font un modèle, notamment en matière de normes du travail, d’emploi, d'équité salariale et d’assurance parentale, ainsi que de Charte de la langue française et de Charte des droits et libertés de la personne.

En 2010, le Conseil des ministres me désignait sous-ministre adjointe aux réseaux du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, un secteur qui intervient dans tous les ordres d’enseignement et qui est notamment chargé des négociations de conventions collectives et des relations de travail. En 2012, on me nommait sous-ministre du Travail puis en décembre 2015, je débutais mon mandat quinquennal de première présidente du conseil d’administration et chef de la direction de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (la CNESST), la porte d’entrée unique en matière de travail. Il s’agit d’une nouvelle organisation composée de plus de 4600 personnes et issue du regroupement de la Commission des normes du travail, de la Commission de l’équité salariale et de la Commission de la santé et de la sécurité du travail. « Le droit favorise la connaissance, la rigueur et la clarté de vue » a écrit Lucien Bouchard. Aucune autre formation ne peut mieux préparer à ces fonctions pour lesquelles la connaissance, la rigueur et la clarté de vue sont si essentielles au respect de l’équité et de la justice dans des fonctions comme les miennes. Ma formation en droit me sert encore au quotidien...

J’y ai appris la force du travail d’équipe et le pouvoir de relever tous les défis si on travaille les uns avec les autres pour l’intérêt public et le bien commun. Ces notions apprises au baccalauréat me sont restées omniprésentes et incarnées au jour le jour dans toutes mes fonctions.

Il est devenu important pour moi de redonner au suivant en offrant du temps bénévolement à mes consœurs et confrères en réalisant du mentorat ou en siégeant au Comité des Femmes dans la profession sous l'égide du Barreau du Québec et au conseil d'administration de l'Association des femmes en finances du Québec. De plus, au cours des dernières années, ayant à cœur le bien-être et l’épanouissement des personnes atteintes d’un handicap intellectuel, je me suis engagée, à titre de bénévole, dans le milieu communautaire.

Août 2018

Pascal Paradis

Directeur et cofondateur d'Avocats sans frontières Canada

Crédit : Barreau du Québec, janvier 2011

Isabelle Poitras

Isabelle Poitras

Directrice générale du Barreau de Québec

J'ai le souvenir limpide du moment précis, il y a 27 ans, où j'ai nerveusement ouvert la lettre de l'Université Laval, m'annonçant mon admission à la Faculté de droit. Quel sentiment de fierté et de joie! Déjà, juste avec cette réponse positive, j'ai immédiatement ressenti un début d'accomplissement personnel et professionnel.

De 1992 à 1995, j'ai combiné les études universitaires à temps plein et le travail. En effet, je travaillais une vingtaine d'heures par semaine. Le droit... D'innombrables heures de lecture! Il m'a fallu beaucoup de motivation et de discipline pour parvenir à la diplomation, et plusieurs nuits blanches! Bien que fort occupée pendant mon parcours universitaire, j'ai eu l'occasion de faire à l'Université Laval des rencontres inestimables. Au niveau professionnel, j'ai rencontré des gens que je continue encore aujourd'hui de côtoyer et, au niveau plus personnel, j'ai formé des amitiés tellement précieuses. Mon passage à Laval m'a permis de créer les bases de tout mon réseau social.

Pendant mes études en droit, il était certain pour moi que c'est la profession d'avocate qui m'appelait. Tout de suite après le baccalauréat, j'ai entrepris la formation du Barreau. Dès la fin de mon stage professionnel, je me suis lancée dans la pratique privée du droit. Conseiller, négocier, rédiger, plaider, administrer mon propre cabinet, autant de tâches qui ont, pendant toutes ces années, forgé l'avocate multitâches et la gestionnaire que je suis devenue.

En décembre 2017, j'ai eu le privilège d'être nommée directrice générale du Barreau de Québec, l'une des 15 sections de mon ordre professionnel, le Barreau du Québec. C'est un honneur pour moi de servir maintenant mes pairs, environ 4 000 membres, tout en partageant ces fonctions avec le public et la magistrature.

J'ai le bonheur d'exercer des fonctions nobles, variées et enrichissantes. Notamment, j'orchestre les travaux du conseil d'administration du Barreau de Québec composé de 12 avocats, ceux de 21 comités, je gère des employés, j'administre un budget, je planifie et organise les activités de la section, dont la formation continue, les services aux membres, le service de référence et la traditionnelle Rentrée judiciaire annuelle. Un travail d'équipe stimulant!

Le programme de droit mène à tout. Il permet de devenir des professionnels au savoir-être et savoir-faire d'exception, maître d'oeuvre de la justice, ce qui contribue à la santé d'une société, à son développement et à sa qualité.

Je souhaite à tous les futurs étudiants en droit de réussir et de devenir des professionnels compétents, modernes, dynamiques et créatifs. Qui sait, peut-être serez-vous, d'ici quelques années, membre de notre belle famille professionnelle, tout comme près de 200 nouveaux avocats le deviennent par année, juste dans notre section de Québec!

Juillet 2018

Marie-Ève Rancourt

Marie-Ève Rancourt

Conseillère juridique pour une société d’État dans le domaine de l’énergie verte en Europe

Dès l’adolescence, je caressais un rêve plus ou moins défini de vivre à l’étranger. Qu’importe la profession et la direction, je voyais des valises et de nombreux déplacements. Le droit mène à tout, m’a-t-on dit. Et pourquoi pas?

En commençant mes études de droit à l’Université Laval en l’an 2000, j’ai été ravie de constater la possibilité d’y compléter un diplôme avec mention « profil international », lequel me mènera à l’Université de Victoria, en Colombie-Britannique, pour une session mémorable. Ce court passage en common law me fut ensuite grandement utile pour l’obtention d’un stage organisé par le Barreau du Québec dans une organisation internationale de La Haye, aux Pays-Bas : l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (récipiendaire du Prix Nobel de la Paix 2013 pour ses efforts à promouvoir l’élimination des armes chimiques). On y cherchait un stagiaire bilingue avec des connaissances en droit civil et en common law. Fraichement débarquée sur le Vieux Continent et bien déterminée à y faire carrière, j’ai obtenu un contrat qui m’offrait la possibilité de voyager dans le but d’assister à la mise en œuvre de la convention de cette organisation dans la législation de ses pays membres. Or, après quelques voyages, je me suis rendue à l’évidence : ces fameux voyages d’affaires étaient extrêmement intéressants mais tout autant… exténuants.

Tentant un autre parcours, j’ai décidé de commencer une maîtrise en droit international des affaires et mondialisation à l’Université d’Utrecht, aux Pays-Bas. Bien que captivée par les enjeux de ce programme (développement durable, droit de l’environnement, responsabilité civile des entreprises, etc.), je fus souvent nostalgique de mes études au Canada où les cours étaient donnés dans un cadre structuré par des professeurs bien préparés avec l’idée d’un cheminement d’apprentissage logique et planifié pour leurs élèves.

Mon nouveau diplôme en poche, j’obtenais un poste d’avocate au sein d’une entreprise appartenant à l’État de la Norvège, Statkraft, un chef de file dans le domaine de l’énergie verte en Europe. Le groupe Statkraft produit de l’hydroélectricité, de l’énergie éolienne, de l’énergie gazière et gère aussi des centrales de chauffage urbain. Du bureau d’Amsterdam, je soutiens des équipes spécialisées dans le commerce de produits découlant de diverses sources d’énergies renouvelables, incluant la vente de certificats de garantie d’origine (ce type de certificat représente la valeur « verte » de l’énergie renouvelable et peut être vendu avec ou sans l’électricité physique sous-jacente, inter alia, dans le cadre de régimes étatiques sous lesquels les entreprises doivent obligatoirement prouver qu’un certain pourcentage de leur consommation d’énergie provient de sources d’énergies renouvelables). Mon quotidien est aussi lié au marché du carbone. Mon travail consiste à développer et à négocier des contrats de vente et d’achat de produits dans le cadre du système d’échange de quotas d’émission de gaz à effet de serre de l’Union européenne (EU ETS) et des différents mécanismes mis en place sous le protocole de Kyoto. Peut-être aurais-je un jour la chance de mettre mon expérience du marché du carbone européen au profit du nouveau système québécois de plafonnement et d’échange de droits d’émission de gaz à effet de serre. Cette année (2015) sera en fait importante pour le marché du carbone étant donné la tenue à Paris de la 21e Conférence des parties de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques de 2015 (COP21/CMP11) qui devrait aboutir à un nouvel accord international sur le climat dans l’objectif de maintenir le réchauffement mondial en deçà de 2° C. J’espère pouvoir y assister et, qui sait, rencontrer des représentants de l’Université Laval œuvrant dans ce milieu.

Les Pays-Bas sont un pays facile pour un candidat désireux d’y faire le saut : multiethnicité, population quasi bilingue (néerlandais-anglais), stabilité, tout fonctionne bien, pas trop dépaysant… Il faut seulement maitriser le vélo pour les déplacements, ce qui est fort pratique en plus d’être « vert ». 

Mars 2015

Marie Rinfret

Marie Rinfret

Protectrice du citoyen

Les grands choix de vie surviennent parfois très tôt. C’est ainsi que, dès la troisième année du secondaire, donc vers l’âge de 14 ans, je devais déjà sélectionner certains profils de cours. J’ai opté pour les matières qui me conduiraient au droit. Je voulais que mon travail me permette d’aider les gens lorsque survenaient des différends. Et de fait, je constate aujourd’hui que c’est ce que j’ai toujours fait, dès mes tout premiers pas comme étudiante en droit, puis comme avocate.

Aujourd’hui, en tant que protectrice du citoyen, je suis précisément au cœur de la médiation entre les services publics et leurs utilisateurs et utilisatrices. Et cela me passionne.

Avant cela, j’ai connu différentes expériences en droit social et j’ai pu travailler à la défense de personnes vulnérables. Le fil conducteur? Avoir saisi les opportunités qui se présentaient à moi, quitte à sortir de ma zone de confort.

Retour à la fin des années 70. Jeune étudiante en droit, on m’offre un travail d’été à Québec, dans le quartier ouvrier de Saint-Sauveur, pour participer à la création d’une coopérative d’action sociale pour jeunes adultes. Je réalise alors à quel point des gens ont besoin de se faire accompagner pour toutes sortes de démarches lorsqu’ils ont des problèmes qui leur paraissent sans solution : logement, aide sociale, prestations d’invalidité, etc. C’était un emploi de quelques semaines et ça a été un déclencheur.

Toujours durant mon baccalauréat, ma cohorte a pris part à la mise sur pied d’un bureau d’information juridique géré par des étudiants et étudiantes. Nous recevions en consultation gratuite d’autres jeunes aux études. Leurs demandes d’information étaient très variées : prêts et bourses, logement, difficultés familiales, recours... Fameux apprentissage de la diversité des problèmes!

Puis, pour mon stage du Barreau, j’ai choisi l’Aide juridique, ou l’Aide juridique m’a choisie, plus précisément le bureau de la Côte-de-Beaupré. En raison de sa proximité avec le Centre hospitalier Robert-Giffard (aujourd’hui l’Institut universitaire en santé mentale de Québec), nous traitions beaucoup de dossiers en santé mentale, notamment de personnes hospitalisées contre leur gré. J’ai alors beaucoup fréquenté des lieux de privation de liberté en contexte de crise. Sortir de sa zone de confort, vous dites?

Quand j’ai enfin eu le titre d’avocate, j’ai réalisé que j’avais profité d’opportunités fantastiques tout au long de ma formation. J’insiste là-dessus : le temps passé à l’université fournit de nombreuses occasions d’explorer les différentes facettes du métier et de mieux se connaître soi-même.

Les années qui ont suivi n’ont pas manqué de défis. La période où j’ai été conseillère juridique au Conseil du statut de la femme a coïncidé avec des avancées de société majeures, comme la réforme du droit familial ainsi que les discussions et la réflexion juridique entourant les mères porteuses et interdisant la maternité pour autrui contre rémunération.

Puis, au ministère de la Justice, à titre d’adjointe du sous-ministre associé, j’ai participé à l’élaboration des positions juridiques sur des questions aussi fondamentales que le droit des femmes à disposer de leur corps.

Par la suite, survient la « Crise d’Oka »… et mon baptême du droit autochtone. À l’été 1990, les relations sont tendues à propos de questions territoriales entre les autorités locales d’Oka et la population de la nation Mohawk de Kanesatake. En juillet, des barricades sont érigées en signe de protestation. La confrontation s’installe. Présent sur les lieux, le ministère de la Justice conseille le négociateur québécois mandaté pour parvenir à un accord sur le démantèlement des barricades. Et l’envoyée du Ministère pour jouer ce rôle, d’heure en heure, c’est moi. Je devais y être deux jours, j’y suis restée plus de deux semaines. Alors la zone de confort…

Plus tard, je me suis jointe au Bureau des plaideurs de Québec. J’étais régulièrement affectée aux causes qui touchaient le droit autochtone. Mais je faisais aussi de tout : responsabilité civile, droit de la famille, droit constitutionnel, faillite...

À la Commission de l’équité salariale où j’ai été successivement directrice des affaires juridiques, commissaire et présidente, j’ai eu l’occasion de contribuer à des progrès qui me tenaient à cœur pour l’affirmation des droits des femmes par rapport à la nature et à la rémunération de leur travail. Quand la fusion s’est faite pour donner ce qu’est aujourd’hui la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail, le dossier de l’équité salariale a pu augmenter sa portée et ses moyens. J’ai veillé à l’implantation de ces préoccupations au sein de la nouvelle commission.

C’est alors qu’on m’a fait une proposition exaltante : devenir protectrice du citoyen. Vous devinez bien que j’ai de nouveau saisi ma chance.

Pour conclure, je dirais que la nouveauté et le saut dans l’inconnu peuvent paraître hasardeux et risqués. C’est ici qu’interviennent la confiance en soi et la confiance dans les autres. J’ai été entourée de personnes généreuses et très compétentes, ainsi que d’équipes dédiées à leur tâche. C’est ce qui m’a construite. En même temps, j’ai toujours pu compter sur un conjoint et des enfants qui m’ont appuyée dans mes décisions. Je n’hésite pas à dire qu’ils continuent d’être, somme toute, mon meilleur tremplin.

Août 2018

Claude Rioux

Claude Rioux

Conseiller en législation, légiste et consultant international en législation électorale

Diplômé en droit de l’Université de Sherbrooke, j’ai également fait des études de maîtrise à l’Université Laval à la fin des années 70 et, récemment, dans le cadre du microprogramme de 2e cycle en légistique.

Avocat depuis 1972, j’ai principalement œuvré comme conseiller juridique, conseiller législatif et légiste pour le compte notamment des ministères et organismes de l’État québécois, de l’Assemblée nationale du Québec, de la Ville de Québec et d’organismes internationaux. Depuis 1990, j’ai exercé ma fonction d’avocat dans les pays suivants : la Belgique, la France, la Suisse, le Burkina Faso, le Mali, le Niger, la RDCongo, le Tchad et Haïti.

Plus précisément, au cours des cinq dernières années, j’ai fait plusieurs missions en Afrique et en Haïti. Ainsi, en février 2012, le PNUD1 m’a confié le mandat de réformer le droit électoral en Haïti. Ce mandat fait suite à deux missions en Haïti : l’une pour le compte de l’ACDI pour faire partie d’un groupe d’experts internationaux pour une mission conjointe de revue du Projet Élections du PNUD 2010/2011 et l’autre pour le compte de USAID/IFES2 qui a donné lieu à un rapport intitulé « Analyse postséisme de la discontinuité du Pouvoir législatif et exécutif dans le cadre constitutionnel et légal haïtien »3. En fin de 2010 et en début de 2011, j’ai aussi fait deux missions au Tchad comme expert en résolution de conflits électoraux. Enfin, en 2007, j’ai corédigé avec un expert français plusieurs versions d’une loi portant sur l’organisation d’une commission électorale nationale indépendante en RDCongo dans le cadre d’un projet parrainé par le PNUD, USAID et IFES.

L’aboutissement de ma carrière sur le plan international est lié à divers facteurs qui sont notamment les suivants : une compréhension globale du droit et de ses principes qui ont une application universelle, le choix d’employeurs à vocation internationale, la multiplicité des expériences sur le plan professionnel, le choix d’une spécialisation à caractère universel, une connaissance des enjeux géopolitiques régional, national et international, de nombreuses expériences de voyages à travers le monde et, finalement, un ensemble de qualités humaines à acquérir, à développer et à parfaire (empathie, ouverture d’esprit, respect des différences, faculté d’adaptation, audace, esprit d’initiative et, dans un contexte d’expertise sur le plan international, la générosité de son savoir et une grande humilité).

Faut-il rappeler en terminant que le droit que j’ai choisi comme moteur de ma carrière n’a toutefois été qu’un des éléments pour accomplir et atteindre tant les objectifs professionnels que personnels que je me suis fixés tout au long de ma vie ? Une carrière, c’est important, mais jamais autant que la vie elle-même et le bonheur qu’on en retire.

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1. Acronyme de Programme des Nations Unies pour le développement.
2. Le premier acronyme est celui de United States Agency for International Development et le second, celui de International Foundation for Electoral Systems.
3. Le rapport a été publié dans sa version anglaise « Post-Disaster Assessment on the Feasibility of Organizing Free and Fair Elections in Haiti » publié par USAID. C'est un rapport en deux volets, d'abord une analyse de la situation sur les plans social, politique et organisationnel après le séisme de janvier 2010 suivie de celle de la situation sur le plan constitutionnel et électoral justifiant la tenue impérative d'élections.

Août 2012

Carole St-Louis

Carole St-Louis

Indexeure juridique

Avant d’entreprendre mes études de droit à l’Université Laval à l’âge de vingt-cinq ans, j’avais complété un baccalauréat en philosophie et une maîtrise en bibliothéconomie et en sciences de l’information à l’Université de Montréal. Ayant terminé cette dernière formation universitaire en une période économiquement difficile, où les postes de bibliothécaires se faisaient rares, particulièrement dans le milieu universitaire où je désirais œuvrer, j’entrepris ces études de droit, un domaine d’études formidable pour comprendre les moindres ramifications de la société, un domaine qui procurait également plusieurs possibilités de carrières.

Qu’est-ce qui m’a orientée vers l’édition juridique? Le hasard, à vrai dire. Lors de ma deuxième année d’études, j’obtins un emploi d’été dans un centre de documentation juridique dirigé par un professeur de la Faculté de droit de l’Université Laval. Ayant examiné mon curriculum vitæ, ce professeur me confia le mandat d’indexer la législation et la réglementation en droit de l’environnement, tant fédérale que provinciale. Ce fut un travail fastidieux qui a nécessité de longs mois de travail, d’autant plus qu’à cette époque l’ordinateur faisait tout juste son entrée dans les bureaux. J’ai d’ailleurs commencé à travailler à l’aide de petites fiches (difficile à imaginer aujourd’hui) et, par chance, un ordinateur me fut rapidement donné pour faciliter le processus d’indexation. Par la suite, j’obtins un autre important mandat, celui d’indexer le nouveau Code civil du Québec. Les résultats furent concluants : j’aimais assez ce travail et je n’ai plus quitté le milieu de l’édition juridique depuis ce jour.

En quoi consiste l’indexation? C’est l’opération par laquelle on choisit les termes les plus appropriés pour représenter le contenu d’un document. Cela consiste à extraire les concepts du document et à les traduire en mots-clés libres ou contrôlés (descripteurs). Le but d’un index est de faciliter la recherche du contenu d’un document. L’indexeur fait la saisie des données et effectue la correction de même que la révision globale de l’index. Le travail de l’indexeur consiste aussi à extraire la jurisprudence et les lois contenues dans un document et à les représenter dans une table où le classement s’effectue selon un ordre alphabétique (table de la jurisprudence et table de la législation). L’indexeur met également à jour les index existants. Il n’est pas rare que l’indexeur ait à rédiger des résumés de jurisprudence, à réviser ou à prendre en charge l’édition des manuscrits (responsable de publications), en plus de son travail d’indexeur. Les postes d’indexeur sont parfois alloués à des pigistes. On peut également travailler comme assistant pour un professeur ou un juge qui publient un livre. Plusieurs maisons d’édition demandent à ce que l’auteur fournisse lui-même ses index, tables et autres outils de repérage de l’information. Outre la formation juridique, il faut maîtriser l’analyse de contenu. Je recommande de suivre un cours en analyse documentaire qui se donne, entre autres lieux, à l’EBSI (probablement en ligne, de nos jours), un cours d’analyse de contenu (communications) ou un cours de logique (philosophie).

Parmi les qualités requises pour ce genre de travail, les plus importantes sont la minutie, l’esprit de synthèse et la capacité de travailler avec des échéanciers serrés. L’indexeur se greffe généralement à une équipe multidisciplinaire composée de typographes, graphistes et responsables de publication. Les éditeurs juridiques sont principalement concentrés dans la grande région métropolitaine de Montréal, également dans la région de la Montérégie. À Québec, il y a l’Éditeur officiel (Publications du Québec) et il est possible de travailler comme rédacteur juridique au sein du ministère de la Justice.

Décembre 2013

William St-Michel

William St-Michel

Conseiller juridique adjoint auprès de la Présidente de la Cour pénale internationale

Même si j'ai choisi la voie du droit un peu par défaut, la politique étant ce qui m'intéressait à l'époque, j'ai rapidement découvert les multiples débouchés d'un baccalauréat en droit et la valeur d'une carrière dans ce domaine. Mes études en droit m'ont permis de toucher à un vaste éventail de sujets tout en développant une façon de raisonner indépendante des domaines du droit eux-mêmes.

Lorsqu'est venu le temps de considérer le choix du stage du Barreau, je me suis naturellement porté vers les stages auprès de la magistrature, qui permettent de traiter une grande variété de dossiers dans un environnement de recherche propice à la réflexion. J'ai eu l'honneur d'être sélectionné pour un stage à la Cour d'appel, comme avocat-recherchiste auprès du juge Benoît Morin. Considérant le nombre généralement élevé d'étudiants intéressés par ce genre de stage, les juges favoriseront les candidatures d'étudiants ayant déjà de l'expérience dans la recherche et la rédaction juridiques –– une expérience qu'il est possible d'acquérir de différentes façons lors des études, que ce soit par le biais de recherches dirigées ou comme assistant de professeur. Compléter lors des études un stage-étudiant auprès de la magistrature est également une expérience valorisée à l'occasion du processus de sélection, et permet également à l'étudiant de voir si le travail auprès de la magistrature l'intéresse. Pendant ces trois années à la Cour d'appel, j'ai eu la chance de conseiller les juges et le personnel de greffe (l'organe de support de la Cour) sur une multitude de sujets, touchant notamment au droit criminel, au droit de la famille et au droit constitutionnel. L'avocat-recherchiste est associé au processus décisionnel, des premières recherches jusqu'à la rédaction de l'arrêt. C'est un défi fantastique pour tout jeune étudiant finissant!

L'appel du large se faisait toutefois sentir. Parallèlement à mon travail à la Cour d'appel, j'ai entamé une maîtrise en droit international et je me suis engagé bénévolement au sein de l'organisation non gouvernementale Avocats sans frontières Canada (ASFC), qui soutient la défense des droits de la personne dans plusieurs régions du monde. J'ai joint ASFC alors que l'organisation en était à ses premiers balbutiements. Entre 2009 et 2011, j'ai eu le privilège de participer à plusieurs missions en Colombie, au cours desquelles j'ai donné des formations, observé des procédures judiciaires et rencontré les autorités du pays pour leur signaler des menaces dont des avocats faisaient l'objet. Cette collaboration avec ASFC m'a véritablement donné la piqûre du travail de terrain. ASFC a depuis énormément grandi, accroissant sa présence dans plusieurs pays. J'ai d'ailleurs eu l'occasion de me rendre récemment à Bamako, au Mali, pour donner une formation à l'intention de magistrats et avocats soutenus par ASFC. ASFC est continuellement à la recherche de juristes, avocats ou non, motivés à l'idée de s'engager pour une semaine ou quelques mois dans des projets de soutien à la justice. Il est également possible de prêter main forte à ASFC lors de ses études en réalisant des recherches juridiques.

En 2012, j'obtiens la chance de passer de la théorie du droit international à la pratique : je suis recruté comme juriste adjoint par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie, situé à La Haye, aux Pays-Bas, qui a fermé ses portes en décembre 2017. Avec ce boulot, j'ai véritablement le sentiment d'avoir trouvé ma voie. Entre autres choses, j'ai participé à la rédaction du plus long jugement rendu à ce jour par le Tribunal, qui statuait sur la responsabilité pénale de six individus accusés de crimes commis en Bosnie de 1991 à 1993. J'ai par la suite occupé les fonctions d'assistant juridique au sein de l'équipe qui assure la défense de M. Bosco Ntaganda devant la Cour pénale internationale. M. Ntaganda, un ancien officier militaire, fait face à dix-huit chefs d'accusation pour des événements qui se sont déroulés en 2002-2003, dans une région de la République démocratique du Congo. Mes tâches et responsabilités étaient nombreuses –– analyse de documents, rédactions de requêtes, enquêtes sur le terrain, contre-interrogatoire de témoins du Procureur. Depuis juillet 2016, je suis conseiller juridique adjoint auprès de la Présidente de la Cour pénale internationale. Ce poste combine à la fois travail juridique et travail politique –– je conseille la Présidente sur des questions de droit institutionnel, rédige des discours et l'accompagne lors de rencontres avec des diplomates.

Les carrières dans le domaine du droit international pénal suscitent un intérêt grandissant parmi la nouvelle génération d'étudiants. Il faut être bien conscient que le processus de recrutement pour les postes au sein des institutions internationales pénales est fastidieux –– des centaines de personnes postulent; une trentaine sont invitées à passer un examen écrit (qui consiste à répondre à des questions de mises en situation ou rédiger un texte, et ce, dans un court laps de temps) et une dizaine sont convoquées à un entretien oral, souvent par téléphone si on postule depuis l'étranger. Il importe donc de se démarquer, dès le dépôt de la candidature. Un parcours diversifié suscitera l'intérêt des recruteurs. Il faut donc chercher à acquérir, dès les études, des expériences pratiques et variées. La Faculté de droit de l'Université Laval, en particulier la Clinique de droit international pénal et humanitaire, offre plusieurs opportunités aux étudiants d'approfondir et d'acquérir de l'expérience pratique dans ce domaine au cours des études. Il peut être également bien d'envisager un stage ou un emploi au sein d'organisations non gouvernementales, comme ASFC, qui n'ont pas les mêmes contraintes de recrutement que les grandes organisations internationales, mais qui permettent d'acquérir, très rapidement, une expérience pratique pertinente. Pour percer à l'international, le mot-clef est diversité.

Décembre 2017

Major Marie-Ève Tremblay

Major Marie-Ève Tremblay

Juge-avocate adjointe pour les Forces armées canadiennes

Depuis l’âge de seize ans, je savais déjà que je souhaitais exercer la profession d’avocate. Toutefois, je n’avais aucune idée que cela me mènerait à exercer au sein des Forces armées canadiennes (FAC) en tant que militaire de la Force régulière. Mon implication dans le mouvement des cadets de l’armée pendant près de six ans y est certes pour quelque chose. Il est évident que cette expérience m’a apporté beaucoup et m’a permis de découvrir la vie militaire en participant à plusieurs camps d’été qui se déroulaient généralement sur des bases militaires. Par contre, après avoir quitté le mouvement, il n’était pas question pour moi de m’enrôler dans l’armée et encore moins de porter un uniforme militaire. J’avais assez donné dans ce domaine-là chez les cadets! Je me disais que mon uniforme serait dorénavant la toge et que je pratiquerais le droit dans un grand cabinet. Après avoir effectué quelques apparitions dans un cabinet de ma région pendant les saisons estivales et y avoir exécuté mon stage, je n’étais pas certaine que j’étais faite pour la pratique privée. Il me manquait quelque chose! J’étais donc en quête de ce qui comblerait ce manque. En faisant des recherches sur Internet, je suis tombée par hasard sur la page d’accueil du Juge-avocat général des FAC. En lisant la description de ce à quoi ressemblait la pratique de ces avocats bien spéciaux, j’ai tout de suite su que cela correspondait exactement à ce que je souhaitais accomplir. Les avocats militaires pratiquent plusieurs types de droit, que ce soit le droit administratif lorsqu’ils conseillent les autorités militaires sur l’étendue de leurs nombreux pouvoirs, le droit international humanitaire lorsqu’ils sont déployés avec les troupes canadiennes partout dans le monde, la justice militaire en ce qui a trait aux principes de justice fondamentaux à appliquer pendant un procès sommaire et beaucoup plus. Ainsi, exercer le droit dans un environnement hors de l’ordinaire comme celui des FAC répondait, à ma grande surprise, exactement à ce que je recherchais.

Voilà maintenant presque dix ans que je me suis enrôlée comme officier des services juridiques au sein du cabinet du Juge-avocat général. À aucun moment, je n’ai regretté ce choix plutôt insécurisant pour ma famille à l’époque et même encore aujourd’hui à certains moments! Lorsque j’étais sur les bancs de l’Université Laval pendant mes études au baccalauréat en droit, jamais je n’aurais cru que seulement quelques années plus tard, je serais en Afghanistan à organiser une série de séminaires sur les droits humains dédiés aux chefs de police, avocats de la défense, procureurs et juges Afghans ou même que je serais déployée en République démocratique du Congo à mettre sur pied des équipes destinées à assister les procureurs militaires congolais dans la conduite des enquêtes sur les crimes graves contre l’humanité.

Être avocate militaire, c’est aussi faire partie de la grande famille des militaires : une famille riche en traditions et en expériences remarquables. Bien entendu, la vie militaire comporte aussi ses défis. En effet, il est à l’occasion ardu de conserver un équilibre entre sa vie personnelle et professionnelle au gré des déménagements fréquents, des déploiements et des heures de travail parfois irrégulières. Toutefois, la cohésion exceptionnelle et le fort sentiment d’appartenance que les militaires développent entre eux font en sorte que la fusion entre la profession du droit et celle des armes est incomparable et inégalée.

Finalement, mon uniforme n’a jamais été la toge. En fait, jusqu’à maintenant, je n’ai jamais porté celle que mes parents m’avaient offerte lors de mon assermentation au palais de justice de Roberval au Lac-St-Jean. Mon uniforme est celui de l’armée canadienne… étrangement presque le même que celui que je portais lorsque j’étais cadette à l’époque. C’est incroyable comme la vie est parfois remplie de développements inattendus…

Décembre 2013

Céline Vallières

Céline Vallières

Médiatrice, formatrice et conférencière en pratique privée

Le choix d’un domaine d’études fut difficile pour moi. En fait, mon cœur hésitait entre le droit, la psychologie et les arts dramatiques. Finalement, la raison l’emporta jusqu’à ce que je devienne membre du Barreau en 1987. Après trois ans de pratique dans deux petits cabinets et après avoir butiné dans divers domaines, j’ai eu le goût de me spécialiser en droit commercial. Je me disais qu’au moins je n’aurais pas à jongler avec les émotions de la personne qui divorce, du travailleur désespéré ou encore avec mon stress lorsque vient le temps de plaider.

J’ai adoré faire ma maîtrise en droit économique et financier à l’Université Laval que j’ai terminée en 1993. Après avoir goûté à la pratique, l’étude du droit avait une tout autre résonance pour moi. Ce diplôme de 2e cycle a semé le début d’une passion, à grandir, à me donner une certaine crédibilité et surtout à connaître des professionnels extraordinaires qui m’ont fait confiance et qui m’ont inspirée. D’ailleurs, c’est une rencontre décisive avec le professeur Nabil N. Antaki qui allait définitivement me conduire vers ma passion d’aujourd’hui. M. Antaki occupait, en plus de son poste de professeur, le poste de président du Centre d’arbitrage commercial national et international du Québec (CACNIQ). J’étais son étudiante et il a cru que je pouvais me joindre à l’équipe du Centre en tant que stagiaire au début, puis avocate et, finalement, greffière.

J’ai passé six ans au CACNIQ dans cette organisation jeune et en développement, et c’est sous l’aile de M. Antaki que j’ai appris énormément. Je m’y suis vraiment épanouie en tant que professionnelle et « touche-à-tout ». Je savais que ce choix d’orientation me faisait sortir des sentiers traditionnels du droit. À ce moment, il y a 20 ans, je plongeais dans le domaine de la justice alternative. Pour mon plus grand bonheur, j’y suis encore. Mon passage au CACNIQ fut précieux, pour la confiance en moi que j’y ai gagnée, pour un bagage varié d’expériences et, surtout, en raison des nombreux contacts professionnels que je m’y suis faits.

À compter de 1998, ma fibre beauceronne d’entrepreneure vibra si fort que je décidai de quitter le CACNIQ et de me joindre au groupe Consensus, cabinet-conseil en gestion de conflits. Je fus l’un des membres fondateurs. Malheureusement, à cette époque, les dossiers de médiation commerciale et civile se faisaient rares. Je frôlais la catastrophe financière, mais je souhaitais plus que tout au monde être médiatrice. Afin de gagner ma vie et par la force des choses, je décidai de pratiquer la médiation familiale.

La première année fut difficile et passionnante, car être médiateur est tout aussi stressant qu’être plaideur. Par contre, je retrouvai l’un de mes champs d’intérêt, celui de la psychologie. Je me suis jointe au Centre de médiation Iris, le plus gros centre de médiation familiale au Québec. J’ai été directrice générale du Centre Iris de 2007 à 2011, ce qui m’a permis de comprendre pleinement le rôle d’un gestionnaire. J’y suis toujours associée et vraiment heureuse d’exercer en pluridisciplinarité, mais cela occupe aujourd’hui 10 % de mon temps.

Au CACNIQ, je m’étais également découvert un certain intérêt pour faire de la formation et des conférences. J’avais également occupé une charge de cours à l’Université Laval et appuyé le professeur Antaki à l’occasion. Dès que je fus à mon compte, j’ai commencé à offrir des services de formation continue. Aujourd’hui, cela me rapporte près de 60 % de mon chiffre d’affaires : je suis devenue une formatrice et une conférencière reconnue. J’offre des formations en gestion et prévention des conflits, en négociation, en communication, et je forme même des médiateurs. Pour la première fois, en 2013, je formerai au Barreau du Québec, pendant 40 heures, des médiateurs en commercial, civil et travail. Je considère qu’il s’agit d’un honneur et d’une récompense.

Par souci d’élargir mes horizons, par curiosité et pour relever de nouveaux défis, j’ai aussi développé une expertise pour la gestion des conflits au travail et dans les dossiers de harcèlement psychologique. J’interviens maintenant comme consultante, médiatrice et formatrice dans ce milieu. J’ai également accru mes compétences dans le domaine psychosocial en suivant une formation intensive en communication non violente telle que développée par Marshall B. Rosenberg. Je suis présentement en processus d’accréditation pour devenir une formatrice certifiée internationalement.

En 2011, l’organisation de ma carrière a pris un essor différent, car j’ai développé mon propre site Internet (celinevallieres.com). Je suis travailleuse autonome et fière de l’être. L’entrepreneuriat est un chemin exigeant, mais passionnant, qui demande de l’espoir, du courage et beaucoup de travail. J’apprécie plus que tout ma liberté et je me décris souvent comme un « électron libre ». En fait, mes actions et ma carrière sont guidées par une recherche constante d’un équilibre visant à favoriser des relations responsables, respectueuses et harmonieuses entre les personnes. Aussi, l’un de mes principaux défis est la recherche d’un équilibre entre le travail, ma famille composée de jumeaux nés en l’an 2000 et mes propres besoins. J’ai la chance de pouvoir compter sur l’appui formidable de mon conjoint, maintenant à la retraite.

Avec du recul, je me rends compte que j’ai construit ma carrière en fonction de mes intérêts. D’ailleurs, à l’automne 2013, si tout se passe bien, je devrais publier mon premier roman, « L’avocate qui rêvait de justice », un projet qui a nécessité dix ans d’efforts à temps partiel et qui comble mon côté artistique et créateur. Ainsi, bien que ce soit la raison qui m’ait fait choisir le droit au départ, le cœur a malgré tout été présent tout au long du parcours!

Janvier 2013